Les Syriens continuent de fuir, en silence

(B2) La crise syrienne s’amplifie au point de vue humaine. Selon les derniers chiffres du centre européen de réaction aux crises (ERC), on atteint presque les 2,2 millions de réfugiés hors des frontières (2.045.642 de personnes enregistrées, 2.180.952 au total). Et 4,25 millions de personnes déplacées (idp) à l’intérieur du pays.

Le Liban (environ 800.000 soit presque 20% de la population !) et la Jordanie (environ 550.000 soit presque 10% de la population!) continuent d’accueillir la majorité des réfugiés ainsi que la Turquie (environ 500.000). Mais on en trouve aussi beaucoup en Irak (presque 170.000). L’Egypte en accueille 125.000 ; le maghreb en accueille 15.000. Et le flot ne semble pas prêt de tarir …

CriseRefugiesSyrie@E131017

Commentaire :

1° Certains responsables politiques qui estiment que ce sont aux pays voisins d’accueillir en premier les réfugiés ont raison, en théorie, mais commettent souvent une erreur dans la pratique. Un des principaux arguments souvent utilisés est de comparer la situation avec l’ex-Yougoslavie et l’effort consenti par certains pays européens (Allemagne, Autriche, Hongrie…). C’est oublier l’aspect relatif de cet argument. Si on veut vraiment l’utiliser, il faut tenir compte d’une réalité : la population de ces pays. L’effort fourni par le Liban et la Jordanie équivaudrait ainsi à accueillir entre environ 15 millions de personnes en Allemagne et 6 millions en France. On voit bien que le contexte régional est totalement différent !

2° La solution politique comme remède à cette crise est une illusion. Les Européens doivent se préparer à accueillir chaque jour à compter de novembre des bateaux chargés de Syriens en provenance d’Egypte, via la Libye, ou de Turquie, via la mer noire. Dans le premier cas, Malte et l’Italie seront touchés en premier ; dans le second, ce sera la Roumanie, la Bulgarie, voire Chypre.

3° Les efforts de la communauté internationale ne peuvent pas porter seulement sur ce dialogue politique pour le futur. C’est un cessez-le-feu immédiat, au moins dans certaines régions, qui doit être encouragé. C’est tout autant difficile. Mais sans cette « pause » des combats, le dialogue politique parait illusoire. Et cela permettrait (peut-être) de contenir la crise des réfugiés qui est en train de gonfler.