Eucap Nestor, pleinement opérationnelle à Djibouti et aux Seychelles

Base navale à Djibouti (crédit : Eucap Nestor)
Base navale à Djibouti (crédit : Eucap Nestor)

(BRUXELLES2) La mission de renforcement des capacités maritimes en Afrique de l’Est et Océan indien (EUCAP Nestor) commence à produire du résultat. Sur la capacité planifiée de 176 personnels (137 internationaux et 39 locaux), 67 sont déjà en poste (venant de l’Union européenne + Norvège). Et son budget – de 23 millions d’euros – devrait être reconduit en novembre.

Djibouti et Seychelles, pleinement opérationnelle

Après plusieurs mois passés à se mettre en place (le quartier général à Djibouti n’a été inauguré qu’en février dernier), « Eucap Nestor est désormais pleinement opérationnelle à Djibouti et aux Seychelles » explique Etienne de Poncins, le nouveau chef de mission qui a remplacé l’amiral Launay à l’été. « Elle a déjà commencé des formations, des conseils, et la mise en place d’un environnement juridique » dans ces deux pays et même en Somalie (Puntland). A Djibouti, trois conseillers européens sont intégrés dans les équipes du ministère de la justice (en particulier pour aider à la rédaction d’une loi anti piraterie), dans les gardes-côtes, et dans la marine, pour développer différents projets de coopération. Il y a le même type d’activité aux Seychelles.

Une mission complexe

Bien sûr, c’est une mission qui reste difficile. L’étendue régionale de la mission rend son fonctionnement complexe. Entre Djibouti, Seychelles, Kenya, Tanzanie, il y a plus que quelques kms. Les déplacements sont toujours longs… et pas toujours directs. Et il reste un « certain nombre de défis sécuritaires » dans le pays principal de la mission, la Somalie.

Somalie : le gros morceau

La Somalie, c’est le « gros morceau » reconnait Etienne de Poncins. Le pays a la plus grande longueur de côtes de la zone (3500 km). C’est la patrie d’origine des pirates. Mais il reste difficile d’accès ; avec des questions sécuritaires au premier plan. Un conseiller maritime – un Italien – est ainsi présent 3-4 jours par semaine sur l’aéroport de Mogadiscio, dans la zone internationale. Et des « contacts étroits » sont établis avec le Puntland et le Somaliland, les deux entités régionales les plus avancées. EUCAP Nestor a déjà été en mesure d’intervenir au Puntland. « Un séminaire de formation à la législation anti-piraterie ou anti-criminalité s’est ainsi tenu à Garowe, pendant plusieurs jours, réunissant des procureurs et des juges. ». A terme, nous envisagerons d’avoir environ 6 personnes sur Mogadiscio, Garowe (Puntland) et Hargheiza (Somaliland). Ce qui ne va sans problème de sécurité (déplacement). »

Des salles de classe flottantes

L’avantage d’EUCAP Nestor est de jouer la complémentarité avec les autres missions sur place. « On bénéficie des navires de l’opération Eunavfor Atalanta. Ce sont de véritables salles de classe flottantes, où on fait venir des Somaliens pour les former. » Le gouvernement somalien a d’ailleurs été reçu récemment à bord des navires d’Atalanta (lire: Le gouvernement somalien reçu à bord des forces Eunavfor). Et à Mogadiscio, il n’est pas exclu que la force de protection italienne d’EUTM Somalia puisse aussi protéger les déplacements des formateurs.

Kenya et Tanzanie, des réticences

Au Kenya et en Tanzanie, le contexte politique est « moins favorable » reconnait-on à EUCAP Nestor. Le Kenya a un intérêt de principe mais il n’a pas signé d’accord général de mission. On est dans une « phase d’entre deux. Une forte équipe est déjà présente, d’une quinzaine de personnes qui travaillent essentiellement sur la Somalie » souligne Etienne de Poncins. Car le Kenya est encore la porte d’entrée sur la Somalie. En Tanzanie, c’est « encore moins avancé ». Le pays a « marqué son intérêt » mais n’a pas donné d’autre suite. Un officier de liaison devrait être envoyé à Dar el Salaam, pour essayer nouer contact.

En fait, d’après d’autres informations recueillies par B2, la Tanzanie regarde ailleurs, vers l’Afrique du Sud. Elle a ainsi d’une certaine façon sous-traité la lutte anti-piraterie à des sociétés privées sud-africaines. On se rappelle que durant plusieurs mois les diplomates et militaires européens avaient tenté d’obtenir de la Tanzanie un accord de traitement judiciaire des pirates. Sans plus de succès.

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