La première frappe a eu lieu… virtuelle

L'USS Barry lors de l'opération en Libye (crédit : US Navy -  mars 2011)
L’USS Barry lors de l’opération en Libye (crédit : US Navy – mars 2011)

(BRUXELLES2) L’incertitude sur la nature des frappes contre la Syrie est certes désastreuse au plan politique. Elle présente cependant un avantage tactique. Contrairement à ce qu’on peut en dire, elle sème chez l’adversaire une certaine désorganisation. Celui-ci ne sait pas quand ni où l’adversaire le frappera. Ni même s’il le fera finalement. C’est donc la pire des hypothèses…

Incertitude politique, avantage tactique.

Il doit réorganiser sa défense. Tout en continuant dans le même temps à faire face aux attaques rebelles. De fait, même si aucun élément n’est encore détruit, pour le régime de Assad, c’est un peu comme si un second front s’était ouvert (à coté de celui des rebelles). Autre inconvénient pour le régime syrien : il doit protéger, mettre à l’abri certaines capacités. Ce qui peut l’obliger à se découvrir momentanément. Et permet ainsi de donner aux « observateurs », des renseignements sur ses capacités exactes. De fait, de façon virtuelle, les frappes militaires ont déjà un premier effet. Mais pour les alliés (France, USA et Royaume-Uni dans une moindre mesure), ce « jeu » tactique présente quelques inconvénients. En l’obligeant à bouger certains équipements, notamment d’armes chimiques, on risque la dissémination de ces armes, ce qui est contraire à l’objectif, officiellement, annoncé.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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