Regain de tensions en RDC, l’UE condamne et désigne le M23

(Crédits: MONUSCO)
(Crédits: MONUSCO)

(BRUXELLES2) Alors que tous les yeux sont tournés vers la Syrie, les combats reprennent à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC). Ils opposent les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, aux Forces armées de RDC (FARDC) appuyées par la force d’intervention de l’ONU (MONUSCO). Mercredi 21 et Jeudi 22 août, les combats ont repris à une quinzaine de kilomètre de Goma (Nord-Kivu) entre les Forces armées congolaises et les rebelles du M23. Comme c’est toujours le cas, les acteurs se renvoient la responsabilité.

Des casques bleus inutiles?

Samedi 24, la situation a dégénéré. Des obus, tirés par le M23 se sont abattus sur Goma, faisant 3 morts et déclenchant des émeutes qui ont pris pour cible les casques bleus de la force de l’ONU (MONUSCO). La population les accusent d’être inefficaces pour les protéger des attaques rebelles. Les troupes de l’ONU ont essuyé des jets de pierres et de cocktails Molotov. Ces manifestations ont fait trois morts du coté congolais et sur places certains accusent les casques bleus uruguayens d’avoir ouvert le feu à balles réelles sur la foule. Montevideo s’est empressé dimanche 25 de nier. « Les soldats uruguayens membres des Casques bleus de l’ONU dans l’est de la RDC n’ont pas tiré à balles réelles sur les manifestants » a expliqué un porte-parole militaire uruguayen. Martin Kobler, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC a déclaré aujourd’hui, « La Monusco n’est pas responsable de tout ce qui se passe en RDC ».

Vive condamnation de l’UE qui désigne un responsable : le M23

Interrogé par B2 au briefing de la mi-journée, l’un des porte-paroles de la Haute représentante, a , «  condamné avec force la reprise des combats qui ont éclaté le 21 août près de Goma suite à des tirs à l’arme lourde du mouvement M23 sur différents quartiers de Goma […] Ces attaques contre des populations civiles et des troupes de la MONUSCO ne peuvent être tolérées ». Et de rappeler « le besoin urgent pour le M23 et les groupes armés de déposer les armes ». Didier Reynders, le ministre belge des Affaires étrangères « a pris connaissance avec inquiétude des dernières informations » blâmant aussi « les rebelles du M23 (qui) ont relancé l’offensive ». Il « espère dès lors que la MONUSCO réagira rapidement, afin de neutraliser au plus vite la capacité de nuisance et d’attaque du M23 sur une ville aussi densément peuplée que Goma. »

L’UE campe sur ses positions

L’UE rappelle « l’importance de favoriser une solution politique » et réaffirme son soutien à la force des Nations-Unis. « L’Union européenne continue d’appuyer activement la mise en œuvre des engagements de l’Accord de paix, sécurité et de coopération pour la RDC et la région conclu à Addis en février 2013 sous l’égide du Secrétaire général des Nations Unies. »