Le Cid enquête à Kaboul

(BRUXELLES2) Ce pourrait être quasiment le titre d’un roman d’Agata Cristie ou d’un nouvel SAS. « A murder case in Kabul ». L’inspecteur M. est appelé sur la scène du meurtre et commence à investiguer. « Nous avons reçu un appel que quelqu’un avait été tué dans cette maison. Le rapport initial mentionnait que cette personne avait été tué par l’extérieur ». M. en bon adepte de Hercule Poirot et son équipe recueillent les preuves, interrogent les personnes dans la maison. Ce qui permet à M. de se rendre compte que la version donnée initialement est fausse. « C’était clair pour moi que la personne a été tuée dans la maison. »

Eviter les erreurs

Des techniques d’enquête qu’il a pu apprendre et perfectionner aux contacts de ses collègues européens, lors des cours donnés par la mission EUPOL Afghanistan. Une mission qui, fort discrètement, remplit des objectifs de structuration de la police judiciaire afghane. « Sans cela – reconnait M. — « je serai arrivé à une conclusion différente ». M. est, en effet, l’un des neufs « détectives » du département d’enquête criminelle (CID) de la ville de Kaboul qui a suivi un stage de 3 semaines au collège d’instruction criminelle où les formateurs d’EUPOL enseignent la gestion d’une scène de crime, la collecte des preuves, la photographie scientifique …

L’apprentissage des techniques, aussi important que le matériel

Pour Richard Woodhouse, le responsable de la formation à EUPOL Senior Training Developer, cette formation est « essentielle » car elle donne aux détectives la « possibilité d’utiliser des techniques modernes d’enquêtes ». Avoir du matériel correct pour mener les enquêtes est aussi important pour permettre aux agents du CID de s’acquitter de leurs tâches quotidiennes. (Mais) la formation leur permet déjà de se débrouiller. » « Ces cours ne nous encouragent pas seulement pour notre travail — confirme le Lieutenant Colonel Aseel, direction des enquêtes au CID de la police de Kaboul —, ces leçons ont un important impact sur la motivation, ils nous aident à être autosuffisants, à planifier et organiser chaque chose, par nous mêmes, pour le futur. » 

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).