Egypte. L’UE demande de revenir rapidement au processus démocratique

(BRUXELLES2) L’Union européenne a réagi par la voix de Lady Ashton face au « coup d’Etat » des militaires en Egypte et la destitution du pouvoir du président Mohamed Morsi.

Revenir au processus démocratique

La Haute représentante pour les Affaires étrangères, a appelé, dans un communiqué qui vient d’être diffusé à la presse, « toutes les parties » en Egypte « à revenir rapidement au processus démocratique, y compris la tenue d’élections présidentielles et législatives libres et équitables et l’approbation d’une Constitution, à le faire d’une manière pleinement inclusive, de manière à permettre au pays de reprendre et achever son transition démocratique » (*). Auparavant, elle avait assuré « sui(vre) de près les développements en Egypte ». « Je suis pleinement conscient des profondes divisions dans la société, des demandes populaires pour un changement politique et les efforts pour négocier un compromis ».

Pas de condamnation du coup d’Etat

L’UE s’est cependant gardé de condamner le coup d’Etat et de demander le retrait des militaires du pouvoir, leur demandant même d’être garants de la sécurité. « Je condamne fermement tous les actes de violence, et offre mes condoléances aux familles des victimes. Nous exhortons les forces de sécurité à faire tout en leur pouvoir pour protéger les vies et le bien-être des citoyens égyptiens. J’appelle toutes les parties à faire preuve de retenue. »

Le respect des droits fondamentaux

« J’espère que la nouvelle administration sera pleinement inclusive et réitère l’importance d’assurer le plein respect des droits fondamentaux, les libertés et l’État de droit et détiendra les autorités à en tenir compte. L’Union européenne reste fermement engagée à soutenir le peuple égyptien dans leurs aspirations à la démocratie et à la gouvernance inclusive » termine-t-elle. Pas un mot cependant des arrestations de journalistes ou de la suspension d’antenne de Al Jazaira.

Commentaire : l’Union européenne a toujours des difficultés à appréhender les phénomènes de l’islamisme politique, qui gagne les élections dans les pays du sud (Algérie, Palestine avec le Hamas en 2006 et maintenant les Frères musulmans en Egypte). Elle a aussi des difficultés à se positionner face aux militaires qui se présentent, parfois comme des garants voire des restaurateurs de la démocratie (cf. Niger), mais parfois aussi comme un de ses plus solides opposants, voire fossoyeurs. La situation égyptienne, actuelle, n’échappe pas à ces contradictions et ces difficultés.

(*) “I am following closely developments in Egypt and am fully aware of the deep divisions in society, popular demands for political change and efforts at brokering a compromise. I urge all sides to rapidly return to the democratic process, including the holding of free and fair presidential and parliamentary elections and the approval of a constitution, to be done in a fully inclusive manner, so as to permit the country to resume and complete its democratic transition. I hope that the new administration will be fully inclusive and reiterate the importance of ensuring full respect for fundamental rights, freedoms, and the rule of law and will hold the authorities to account for this. I strongly condemn all violent acts, offer my condolences to the families of the victims, and urge the security forces to do everything in their power to protect the lives and well-being of Egyptian citizens. I call on all sides to exercise maximum restraint. The European Union remains unequivocally committed to supporting the Egyptian people in their aspirations to democracy and inclusive governance. »

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

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