Quelques options pour le renouvellement de la mission EUSEC (maj)

EUSECRDCONGOLogo(BRUXELLES2) La réflexion sur la fermeture de la mission européenne d’assistance à la sécurité au Congo (EUSEC RDC Congo) a commencé. Le groupe polito-militaire a ainsi lors une de ses prochaines réunions (le 24 juin) ce sujet sur la table.

Si on supprime par quoi remplacer ?

De nombreux Etats membres — comme l’Allemagne — sont partisans de la fermeture, estimant que le temps de cette mission (depuis presque dix ans) est passé, que les priorités sont ailleurs, et qu’il faut savoir mettre fin à une mission. D’autres (comme la Belgique) estime qu’il est important de maintenir une présence européenne. Dans tous les cas la question est posée : Si on supprime, par quoi remplace-t-on ? Si on maintient, quel est le format de la nouvelle mission ? Car il est un point qui semble faire l’unanimité, la mission dans son format actuel doit fermer. B2 a fait le point avec le colonel luxembourgeois, J.-L. Nuremberg, qui dirige cette mission. Un vieux routier des missions de l’UE puisqu’il a été représentant militaire du Grand-Duché pendant plusieurs années avant de partir au Congo en 2012 (lire : Un nouveau chef pour Eusec Congo).

Les trois ou quatre options possibles

Pour Jean-Louis Nuremberg, il serait bon sur place de maintenir un petit effectif « d’une dizaine de conseillers » ce qui représente selon des caculs un budget d’environ 1,5 millions d’euros. Trois ou quatre options sont possibles : 1) une mini-EUSEC, composé de personnel détaché et rattaché à Délégation ; 2) une nouvelle mini-mission PSDC ; 3) une mission commune avec la mission de police (EUPOL RD Congo) dans une nouvelle mission de renforcement des capacités (EUCAP) d’une vingtaine de personnes.

Cette dernière option parait intéressante car elle regrouperait tous les savoirs-faire. Elle permet de faire le lien avec les autres missions EUCAP déployés sur le continent africain (Corne de l’Afrique, Niger…) en évitant l’écueil de la lenteur de déploiement. Et elle illustre aussi l’idée de l’Union européenne de se positionner à la jonction du civil et du militaire. Ce qu’il faudrait éviter, en revanche, c’est le recours aux contractants extérieurs — vieille habitude de la Commission — qui n’assure pas les mêmes résultats qu’une mission directe.

Faire la jonction entre les projets

Dans tous les cas, l’idée est de « faire la jonction entre la mission et les projets mis en place par les Européens » au titre du FED (Fonds européen de développement) ou d’autres instruments (Instrument de stabilité). Car « il y a encore beaucoup à faire dans l’armée congolaise ». On ne réforme, on ne restructure pas une armée en quelques années, avec quelques conseillers (voir papier à suivre)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

Commentaires fermés.