La Slovénie cesse sa participation à Atalanta. C’est grave commandant ?

(BRUXELLES2) Le gouvernement slovène a décidé de ne pas renouveler, après fin juin, le mandat mandat de l’officier des Forces armées slovènes, présent au QG de l’opération européenne de lutte anti-piraterie (EUNAVFOR Atalanta). Le ministère de la Défense avait décidé effectivement, au mois de mai, de prendre cette décision de clore « sa participation à l’opération Atalanta », justifiant de nécessité financière. Pour le ministère de la Défense, il s’agit, en effet, de « redéfinir les priorités de la participation de la Slovénie dans les opérations et missions internationales » en tenant compte « des ressources limitées au plan financier ». La Slovénie ayant décidé de participer à la mission européenne au Mali, il fallait choisir. Et « l’amélioration de la situation de sécurité dans la région, en raison (même) du succès d’Atalanta », ne plaidait pas en faveur du maintien de cette participation, explique-t-il à Ljubljana. La Slovénie avait envoyé un officier à l’Etat-Major depuis 2009.

Deux remarques

1° Pour symbolique, qu’elle soit, cette décision n’entraîne pas de problème opérationnel. Les principales ressources – en navires – sont en effet fournies par d’autres pays : en premier lieu, l’Allemagne, la France et l’Espagne (qui ont fourni un navire systématiquement) ; en second lieu, la Belgique et les Pays-Bas, la Suède et la Finlande, l’Italie, le Portugal, etc. (qui envoient un navire à tour de rôle).

2° Ce n’est pas la première fois (ni la dernière !) qu’un Etat cesse sa participation à une opération pour raison financière. La Grèce avait interrompu sa participation et rapatrié, de façon anticipée, son navire (il n’y avait plus d’argent pour payer le gasoil). De façon similaire, la Roumanie a limité à quelques semaines sa participation à l’opération EUNAVFOR Atalanta. Dans d’autres formations ou missions multinationales, plusieurs pays ont cessé d’envoyer leurs nationaux. C’est ainsi le cas pour Chypre, pour la Bulgarie… Pour d’autres opérations, on sait bien que la réticence à envoyer. La crise frappe tous les pays et va obliger à des choix draconiens…

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).