EUPOL Copps déroule ses objectifs (Kenneth Deane)

Kenneth Deane, chef de la mission EUPOL COPPS. A ses cotés, L. Irziquat de la police palestinienne (Crédit: Conseil de l’UE)

(BRUXELLES2) En soi la mission EUPOL Copps — mettre en place de nouvelles structures pour la police, former les policiers à certaines techniques d’enquête ou de contrôle du maintien de l’ordre — est classique. Mais le lieu où elle se déroule — les territoires palestiniens — est un terrain sensible. Pour cela, un coup d’oeil s’impose sur cette mission de l’UE de formation de la police palestinienne qui est – ainsi que l’explique son chef, le Britannique (d’Irlande du Nord) Kenneth Deane, une des plus longues de la Politique de sécurité et de défense commune ».

Une des missions les plus longues de la PSDC

La mission a, en effet, été lancée en janvier 2006, à un moment clé où un accord de paix semblait encore possible. L’ambition européenne était de donner à la Palestine, les atouts pour se constituer en Etat, selon la volonté internationale de mettre en place deux Etats, cohabitant de manière pacifique. Elle est aujourd’hui composée de « 70 experts internationaux » venant de 19 pays, tous experts de leur domaine (police judiciaire, police scientifique, etc.). Avec deux objectifs principaux  : le « développement des institutions de police » et « introduire un système judiciaire professionnel et impartial » en Palestine. Il faut que la « police serve la population de façon juste, impartiale et professionnelle » explique K. Deane, que les individus puissent « faire face à un système judiciaire puis dans de prochaines étapes, à des poursuites et au domaine pénitentiaires ».

Faire ensemble pour avoir plus de crédibilité

EUPOL Copps a aussi permis la formation de « 100 à 125 juges ». La mission a aussi développé un pilier « Programme » dont le but est de conseiller les acteurs locaux quant à la mise en place « d’actions de renforcement des capacités » à travers des plans stratégique. Le moindre des défis est cependant de pouvoir faire travailler ensemble les différentes forces. « C’est le problème – reconnait K. Deane. « Il existe sept forces de sécurité. (Mais) ils se rendent bien compte qu’ils doivent faire ensemble, pour avoir plus de crédibilité ». La mission développe aussi une action sur les prisons, ou plutôt les établissements sous contrôle de la police. Il faut « les mettre aux standards internationaux ».

Des policiers engagés

Jour après jour, la police palestinienne prend toute sa place, de façon de plus en plus professionnelle. Du moins est-ce le sentiment de l’équipe qui entoure Kenneth Deane, le chef de mission. Un indicateur entre autres. « Pendant plusieurs mois, les policiers n’ont pu être payés. Et cependant, à quelques exceptions, près, ils sont tous restés en poste et ont continué leur travail. Je ne suis pas sûr que dans tous nos pays cela aurait été le cas » témoigne un membre de l’équipe d’EUPOL Copps.

Une police « fiable »

Pour le major L. Irziquat, de la police palestinienne. « (Même si) cela a été ruiné par l’occupation israélienne, la police palestinienne est aujourd’hui une police fiable et excellente au regard des critères de la communauté internationale. (…) Elle a pu développer des concepts de surveillance et de responsabilisation des forces. La création d’un département des droits de l’Homme au sein de la police, qui  a pour rôle de surveiller le travail de la police, apporte une crédibilité » intérieure et internationale.

Gaza, LE point sensible

Gaza reste le sujet délicat. « Notre mandat se concentre sur la Cisjordanie » explique K. Deane. Le représentant de la police palestinienne explique que « La loi doit s’appliquer partout en Palestine » ajoutant que « nous somme prêt à travailler à Gaza en cas de réconciliation et si on nous demande d’y aller ». Pour l’instant « nous travaillons en Cisjordanie et le second plan serait de mettre en œuvre  à Gaza ».

EUPOL Copps en quelques mots…

  • Quartier général : Ramallah
  • Lancement : 1er janvier 2006
  • Chef de mission: Kenneth Deane
  • Effectif: 111 (70 internationaux et 41 locaux)
  • Budget: 9,3 millions euros annuels (1er juillet 2012 au 30 juin 2013)
  • Etats contributeurs: 17 Etats-membres de l’UE + Canada + Norvège

(Thomas Le Bihan)

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Thomas Le Bihan

Etudiant en "Affaires Publiques parcours Gouvernance Européenne" à Paris I. Stagiaire à B2. Suit l'actualité du Parlement européen.