Quand les Américains espionnent l’UE derrière les murs de l’OTAN (maj)

ChicagoBatimentDrapeauUsOtan5749aa(BRUXELLES2) Les Américains surveillaient particulièrement l’Union européenne. C’est ce que détaille un papier « top secret » de la NSA, datant de septembre 2010, détenu par Edward Snowden, et révélé ce week-end par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. Ils n’étaient pas les seuls certaines ambassades de plusieurs pays européens (France, Italie, Grèce…) étaient aussi écoutées dans un plan d’ensemble comme le complète le quotidien britannique The Guardian, ce lundi (1er juillet).

Via les délégations US jusqu’au Justus Lipsius…

Le renseignement US avait réussi à pénétrer le système informatique de la délégation de l’Union européenne à Washington comme celle à l’ONU (New York). Et, à travers elles,  le NSA a réussi à infiltrer le réseau informatique interne de l’UE pouvant ainsi lire les documents et mails. Les Américains avaient aussi infiltré le dispositif informatique du Conseil des ministres de l’UE. Pendant plus de cinq ans, les experts en sécurité de l’UE ont détecté plusieurs appels non aboutis, considérés comme venant d’un centre de maintenance à distance du bâtiment Justus Lipsius.

… derrière les bâtiments de l’OTAN

Le traçage des appels a permis de remonter à Evere… au siège de l’OTAN. Les attaques téléphoniques provenaient apparemment d’un système de télécommunications, installé dans l’enceinte de l’OTAN et utilisé par les experts de la NSA.

 Les ambassades des Etats membres également

Les ambassades de plusieurs pays européens (France, Italie, Grèce…) étaient aussi surveillées, révèle le quotidien britannique The Guardian, dans un vaste plan d’ensemble ciblant 38 ambassades et missions établies aux USA. Chacune recevant un nom de code. Pour la France, c’était « Blackfoot » et « Wabash », les noms de tribus indiennes. Pour l’Union européenne, c’était « Perdido », un fleuve de l’Alabama, etc.

L’Allemagne et le Royaume-Uni ne figuraient pas dans ce plan. Outre les missions européennes, étaient aussi visées les ambassades de Turquie, de Corée du Sud, d’Inde, du Mexique,… La logique qui sous-tendait cet espionnage était la sensibilité aux questions du Moyen-Orient, cite le quotidien. Parmi les méthodes employées, figure un programme implanté dans le dispositif Cryptofax (*) utilisé par la délégation de l’UE à Washington.

* Cryptofax – fabriqué par le Néerlandais Philips – est un des systèmes de cryptages et transmission de données couramment utilisées dans les délégations de l’UE comme dans les différentes missions de l’ONU