Une force anti-piraterie dans le Golfe de Guinée ?

Un navire de patrouille des gardes côtes du Togo en exercice avec la frégate lance missile USS Robert G. Bradley (FFG 49) (Crédit : US Navy / Ensign Sean J. McMahon)
Un navire de patrouille des gardes côtes du Togo en exercice avec la frégate lance missile USS Robert G. Bradley (FFG 49) (Crédit : US Navy / Ensign Sean J. McMahon)

(BRUXELLES2) Les Etats de l’ouest-africain veulent s’organiser face à la menace de la piraterie maritime qui cumule aujourd’hui un nombre supérieur d’attaques à celles menées dans l’océan indien. Réunis à Yaoundé (Cameroun), les dirigeants de la CEDEAO (Ouest), de la CEEAC (Afrique centrale) et de la CGG (Golfe de Guinée) ont approuvé une série de documents communs mais surtout lancé un appel à l’aide internationale et à la cohésion africaine.

Un appel à une force internationale

Comme l’a résumé le président ivoirien, Alassane Ouattara. « J’invite la communauté internationale à faire preuve de beaucoup de fermeté dans le golfe de Guinée, comme ce fut le cas dans le golfe d’Aden, où la présence des forces navales internationales a permis de réduire considérément les actes de piraterie maritime » a-t-il déclaré. Car les conséquences au plan économique sont graves. Un appel soutenu par plusieurs chefs d’Etats comme le Tchadien Idriss Deby et le Camerounais Paul Biya, l’hôte du Sommet. Chacun a appelé à une « mutualisation » des efforts et des actions des Etats Africains. Deby allant même jusqu’à proposer que les Africains se dotent d’une « composante maritime » de leurs forces de paix en attente.

Le code de conduite de Yaoundé

A Yaoundé, la vingtaine de chefs d’Etat d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest se sont engagés, dans une « Déclaration politique » à lutter contre la criminalité maritime organisée transnationale sous toutes ses formes dans le Golfe de Guinée. Ils ont également approuvé un « Mémorandum d’entente » sur la sûreté et la sécurité maritimes ainsi qu’un « Code de conduite » concernant la prévention et la répression de la piraterie et des vols à main armée (équivalent du code de Djibouti signé pour l’est africain en 2008). « La validation de ces documents va permettre d’établir une base concrète pour mener des opérations conjointes entre les deux communautés économiques régionales », a estimé le président de la Commission de la CEDEAO.

Des conséquences économiques

Il est temps. « La criminalité dans le Golfe de Guinée menace la circulation des hydrocarbures raffinés et des marchandises de valeur, limite les investissements et entraîne inévitablement une augmentation des primes d’assurance avec pour conséquences des crises sociopolitiques graves liées au renchérissement des prix des produits de première nécessité » a expliqué A. Ouattara.

Nb : Selon le Bureau maritime international (BMI), en 2012, au moins 966 marins ont été victimes d’attaques dans le Golfe de Guinée et le coût des marchandises volées par les pirates est évalué entre 34 et 101 millions $.