La vaguemestre du renseignement US

(crédit : Royal Mail)

(BRUXELLES2) La Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité fait apparemment plus confiance aux renseignements US qu’à ses Etats membres. Le communiqué qu’a publié Catherine Ashton vaut d’être cité intégralement. Car il se suffit elle-même…

Washington et les « autres »

« I saw with great concern the statement released on 13 June by the White House. This presents new indications by the US intelligence services that the Assad regime has used chemical weapons against opposition forces in Syria. This assessment, combined with others that have been circulated, makes even more urgent our repeated calls for an agreement to immediately deploy a UN verification mission to investigate these allegations on the ground.
At the same time, these developments can only reinforce the importance of a political solution and should accelerate the efforts of the international community to find a definitive political solution to the conflict. It is urgent to advance the political process, starting with the convening of the planned peace conference on Syria. The EU will contribute to its success in every possible way.
The next Foreign Affairs Council will examine the overall situation and recent developments in Syria, of which the alleged chemical attacks are an important factor. »

Une dépendance sémantique, donc politique

Les sources françaises et britanniques, officiellement confirmées par les autorités de Londres et Paris sont ramenées au rang de simples « autres » sources qui « ont circulé ». Laurent Fabius et William Hague seront heureux d’être ramenés au rang de simples auteurs de rumeurs. Et la communication de la Haute représentante est motivée davantage par la décision prise à la Maison Blanche que par les communications de ces Etats membres. Cette déclaration est une absurdité. Elle est aussi une erreur. Alors qu’il est parfois difficile à l’Union européenne de parler d’une voix, et de trouver une marge d’autonomie vis-à-vis des Etats-Unis, marge d’autonomie nécessaire pour imposer une voix politique, cette déclaration ramène l’Union européenne au rang de simple supplétif et commentateur d’une politique décidée ailleurs… Merci Lady !