L’OTAN prépare une mission de formation en Libye

A.F. Rasmussen lors de sa déclaration « Doorstep » ce matin (crédit : OTAN)

(BRUXELLES2) L’annonce a été faite par le secrétaire général A.F. Rasmussen avant la réunion des ministres de la Défense ce mardi (4 juin) : l’Alliance prépare une mission de formation et d’assistance pour l’armée et les forces de sécurité libyennes. « La semaine dernière, le gouvernement libyen a demandé les conseils de l’OTAN dans le secteur de la sécurité » a expliqué le Secrétaire général « Nous avons agi rapidement pour répondre » à cette demande.

Un rapport pour fin juin

Une équipe d’experts devrait ainsi s’envoler vers Tripoli « le plus tôt possible », l’objectif est d’identifier les domaines « dans lesquels les Libyens pensent qu’ils ont besoin de conseils et où l’OTAN peut apporter une valeur ajoutée » et de faire rapport à l’OTAN d’ici la fin de Juin. Cela nous permettra « de décider de la voie à suivre » a ajouté Rasmussen. « Je crois que ce serait une bonne façon de poursuivre notre coopération avec la Libye, après que nous avons pris avec succès des mesures pour protéger le peuple libyen il y a deux ans ».

Une formation « off shore »

Trois principes devraient guider l’aide de l’OTAN, a-t-il précisé : « 1) avoir une forte appropriation (de ces questions) par le pouvoir libyen ; 2) fournir des conseils dans les domaines où l’OTAN a une expertise, comme la création de structures de sécurité ». Et dernier principe : « la mission ne conduira pas au déploiement de troupes en Libye » du moins pas automatiquement. « Si nous engageons dans des activités de formation, de telles activités pourraient avoir lieu en dehors de la Libye ».

La formation de la Garde nationale ?

Comme l’a confié à B2 un diplomate, aucun Etat n’est en effet « vraiment très chaud » pour envoyer des troupes en nombre sur place, comme en Afghanistan, dans les conditions de sécurité. Aussi un petit noyau de personnes pourrait assurer, sur place, l’expertise et le conseil. Et l’essentiel des formations se faire « off shore ». Un procédé sur lequel on peut cependant avoir des doutes. Utilisé en Irak, notamment, il n’avait pas vraiment montré son efficacité.

L’OTAN ne formerait pas toutes les forces de sécurité mais pourrait choisir de porter son action sur certains éléments, notamment pour entraîner la nouvelle « Garde nationale » qui va résulter de l’incorporation des différentes milices et aura une vocation de sécurité du territoire.

Si cette mission de formation se concrétise, OTAN et Union européenne se retrouveront à nouveau sur un même terrain d’action. L’Union européenne a commencé à déployer sa propre mission EUBAM Libya pour structurer et former les gardes-frontières.

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).