Au Mali, un peu de solidarité ne serait pas superflu

(BRUXELLES2 à Strasbourg) “Solidarité”, c’est le mot-clé de l’intervention Arnaud Danjean, le président de la sous-commission Défense au Parlement européen (et membre de l’UMP) qui est intervenu mercredi soir, devant un Parlement européen malheureusement assez vide pour un débat sur les questions de politique étrangère (des députés il est vrai épuisés par un vote marathon sur la politique agricole commune). Au Mali, « la France perd des soldats. Elle accomplit une mission au nom de l’Union européenne, saluée par tous les pays. (…) Il faudrait s’interroger sur la solidarité, pas seulement financière, ce qu’elle signifie sur le fond » a-t-il énoncé. Et d’espérer une approche un peu plus active et proactive de l’Union européenne. « On parle beaucoup d’’approche globale au Sahel. Mais celle-ci est imposée et subie. J’espère que l’Union européenne fera autre chose pour  ne pas subir l’approche globale. »

Les amis maliens nous appelaient au secours depuis un an !

Un propos partagé sur d’autres bancs du Parlement. L’eurodéputée belge Véronique de Keyser (parlant au nom du groupe S&D (Socialistes et démocrates) a rappelé que « les amis maliens nous appelaient au secours, nous Européens, depuis un an ! Et la France y a été quand il était presque trop tard ». Louis Michel, parlant au nom des Libéraux et démocrates, a averti : « Cette guerre déborde le Mali. Nous ne pouvons pas laisser la France seule. Je suis convaincu que la cause n’est ni malienne, ni Touareg, mais qu’elle s’explique davantage par des mouvements comme AQMI, Ansar Dine… extérieurs au Mali. Les djihadistes ont tiré les ficelles et joué un jeu sordide ». Pour l’ancien ministre belge des Affaires étrangères, il est « grand temps que l’Europe agisse d’une seule voix et donne les bases d’une armée européenne capable de se projeter sur des situations comme celle du Mali. »

Sanogo un personnage inquiétant, des élections au plus vite au Mali

Celui qui est aussi le président de l’assemblée des pays ACP-UE a voulu aussi dresser le portrait de quelques illusions au Mali.

– Le capitaine Sanogo, l’auteur du coup d’Etat de février : c’est « un personnage inquiétant. Le mandat qui lui a été confié (…) est dangereux. Car cela le met en contact avec la hiérarchie militaire. » Il faut « particulièrement accélérer la restructuration de l’armée ».

– la MISMA sous mandat de l’ONU : Louis Michel est assez sceptique, évoquant la lourdeur de l’organisation et son incapacité dans certains conflits (Rwanda, Congo…) à agir de façon décisive. « Il faut que le mandat donné lui permettre des interventions fortes, avec utilisation de la contrainte, pour faire du make-keeping ».

– le processus politique malien : il doit être « entamé au plus vite. Il faut organiser des élections le plus rapidement possible et ne pas laisser le champ à des explications oiseuses. Le chronogramme proposé par le gouvernement est le bon ».

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).