Salut aux troupes pour Le Drian au Mali… Une autre bataille attend le MinDef

Jean-Yves Le Drian salue les troupes déployées au Mali (crédit : Ecpad)

(BRUXELLES2) Jean-Yves le Drian, le ministre français de la Défense, est arrivé ce matin au nord du Mali, pour une visite surprise. Objectif : « rencontrer les militaires français » engagés dans l’opération Serval et leur adresser un « message de fierté et d’encouragement » sur la mission qu’ils effectuent contre « les groupes terroristes » qui avaient fait du massif des Ifoghas « leur sanctuaire ».

Visite surprise

Le ministre s’est ainsi rendu dans la vallée de l’Amettetaï, au cœur du massif des Ifoghas où viennent d’être livrés des combats visant à libérer cette vallée des groupes terroristes les plus aguerris, les plus installés et les plus organisés. « Les opérations conduites par nos forces dans l’Amettetaï ont permis de neutraliser une grande partie de leurs moyens d’action terroriste et de mettre un terme à l’impunité dont jouissaient ces groupes » a déclaré le JY Le Drian.

Une tête de pont dans la guerre contre le terrorisme

« En délogeant les djihadistes de leurs derniers bastions, vous êtes les têtes de pont de cette guerre sans répit que la France a décidé de livrer contre les groupes terroristes qui sévissent encore au Mali. Sur vous, ainsi que sur nos frères d’armes tchadiens, dont je sais les souffrances et dont je salue le grand courage, repose désormais une grande part du succès de l’opération Serval », a-t-il déclaré Jean-Yves Le Drian sur l’aéroport de Tessalit.

Le ministre de la Défense a aussi voulu rendre hommage aux quatre militaires « morts pour la France » au Mali. Rappelons leurs noms : le commandant Damien Boiteux, l’adjudant Harold Vormezeele, le caporal Cédric Charenton et le brigadier-chef Wilfried Pingaud.

(commentaire) Une autre bataille : le livre blanc

Cette visite surprise entend bien entendu saluer les troupes, rendre hommage aux morts. Mais elle n’est pas non plus absente de sens politique. Il s’agit pour le Ministre qui arrive de Varsovie – sur une discussion européenne – et doit ensuite s’engager à Paris dans une longue discussion budgétaire et stratégique, dans le cadre du Livre blanc, d’arriver en position de force à la table de négociation. Des arbitrages doivent être rendus. La bataille dans l’Idar des Ifoghas n’a pas été conçue pour servir une discussion budgétaire. Mais ne pas s’en servir, au moment, où certaines coupes pourraient être décidées serait une erreur. Entre les positions du ministère de la Défense et de Bercy (qui joue son rôle de « chiffon rouge », il y a un hiatus révélé de plusieurs milliards d’euros. Sur ce terrain, la Défense ne s’épargnera pas une certaine retraite. C’est nécessaire au regard de l’assainissement des finances publiques, voulu par le gouvernement. Il s’agit de l’ordonner et de limiter la casse. Au final, l’écart pourrait ne pas être aussi grand que prévu mais tourner autour d’une diminution d’un ou deux milliards.

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