Le Mali, c’est bien. N’oubliez pas la Syrie !

(crédit : Parlement européen)

(BRUXELLES2 à Strasbourg) François Hollande a reçu les félicitations générales pour l’intervention française au Mali. José-Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a tenu à rendre hommage « au courage et à la détermination de la France. En étant aux côtés du peuple du Mali, vous avez garanti que l’Europe était aussi présente en défendant nos intérêts et nos valeurs pour montrer que nous avons une mission qui dépasse bien sûr les frontières de l’Europe. » Un propos repris par à peu près tous les groupes : des Chrétiens-Démocrates du PPE aux Verts en passant par les Tories britanniques ou les Libéraux et démocrates.

Seule fausse note, le groupe de gauche (GUE) a fait entendre sa différence. L’allemande Gabriele Zimmer estimant que « l’intervention militaire n’est « pas une bonne chose. Ses conséquences sont trop imprévisibles. Nous devons répondre à la population du Mali qui se tourne vers nous : veut de la la démocratie, revendique le droit de vivre dans des conditions décentes, ou que son environnement soit protégé ». Quelques nuances sont cependant intervenues, notamment au centre;

La fée de Dany n’est pas une Lady

Pour les Verts, Dany Cohn Bendit a salué l’intervention, employant à loisir le tutoiement « Tu as eu raison. Mais allons plus loin. La réconciliation c’est aussi avec les Touaregs, à l’intérieur du Mali. » Et il a dénoncé le comportement de certains « pas tout à fait démocratiques, comme l’Algérie, n’ont pas joué leur rôle jusqu’au bout dans la lutte contre le terrorisme, au contraire, ils jouent avec le feu en s’attaquant au terrorisme et en les soutenant d’un autre côté ». Au passage, il a taclé C. Asthon « Ce n’est pas la France qui peut agir seule, c’est l’Europe, mais là c’est un autre conte de fées, Pour nous épauler, il nous faudrait une Haute représentante pour les Affaires étrangères qui soit digne de ce poste. Ce n’est pas tout à fait le cas actuellement ».

Une zone d’exclusion aérienne pour la Syrie

Guy Verhofstadt a salué cette « bonne décision. Il n’était pas concevable qu’un régime djihadiste s’installe à Bamako ». Mais l’ancien Premier ministre belge a tenu à alerter sur un « autre drame » la Syrie et « ses horreurs » journalières. Ce n’est pas la première fois que G. Verhofstadt intervient. Mais il a tenu à donner cet avertissement. « Chaque jour perdu à aider la rébellion démocratique est un jour gagné pour les djihadistes. Assad tombera c’est sûr. Mais ce seront les radicaux qui l’emporteront. » Il faut apporter une aide humanitaire massive mais aussi « installer une zone d’interdiction aérienne au nord de la Syrie. Si on n’a pas le courage de cela, donnons leur les armes anti aériennes pour qu’ils puissent se défendre. »

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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