Mali. Pas de militaires européens engagés aux côtés des Français (Maj)

(BRUXELLES2) La présence d’éléments militaires européens aux côtés des Français lors de la contre-offensive à Sédaré a été démentie fermement par le ministre de la Défense aujourd’hui répondant à une question de B2. « C’est une opération bilatérale entre France et Mali, une réponse de la France à une demande de secours du gouvernement malien. Il n’y a aucune participation d’autre force. » S’il y avait le moindre doute, il a répété cette assertion par rapport à une participation allemande. Le Figaro faisait, en effet, état hier de troupes allemandes, joignant à l’article un graphique montrant clairement le drapeau allemand. Un article qui avait semé le trouble à Berlin comme me l’a signalé mon confrère Thomas Wiegold (de augengeradeaus). La « réponse est très claire, c’est non ». En revanche, ce qu’il a parfaitement confirmé, c’est la coordination, au plan politique, avec les autres capitales. « J’ai eu un entretien hier avec mes collègues allemand, britannique, espagnol, italien. Ils m’ont tous apporté un soutien politique total. Mais ce que nous faisons, nous le faisons (au niveau national) ».

Attention à ne pas confondre

Apparemment il semble régner une certaine confusion au niveau de certains de mes confrères entre l’opération française offensive (Serval) et la mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali) qui est en cours de préparation. Si certains éléments “précurseurs” (quelques officiers chargés de préparer la mission) sont déjà arrivés sur place à Bamako selon nos informations, cette mission européenne (à laquelle participe la France) a un objectif à long terme – reconstituer l’armée malienne – et n’a pas d’action directe sur le terrain. L’opération française a, elle, un objectif à plus court terme : contenir les forces du nord, et les repousser, sécuriser toutes les villes maliennes du sud (en attendant les renforts de la CEDEAO). Lire aussi : Mali : trois opérations en une

Une coopération technique

Malgré tout, il ne semble pas que les Français aient agi en total solo. Ils semblent avoir bénéficié d’une coopération technique notamment américaine, ainsi que nous l’ont confirmé à mi-mot des officiers. Mais « c’est aux Américains (ou à ceux qui ont participé) de le confirmer. Ce n’est pas au ministre français de le faire » a expliqué un expert du dossier.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).