La récupération d’un otage français en Somalie échoue (Maj)

(BRUXELLES2 à Paris) C’est un échec. Il fallait sans doute le tenter. Mais l’opération de sauvetage de l’agent de la DGSE retenu en otage en Somalie depuis 3 ans et demi a échoué. L’otage, Denis Allex, a été exécuté par les preneurs d’otage, selon des sources au ministère de la Défense. « Tout donne à penser » que Denis Alex a perdu la vie, a précisé, plus prudent, JY Le Drian, lors de sa conférence de presse aujourd’hui (12 janvier).

2 morts et 1 disparu coté français, 17 coté shebab

Le raid a été mené dans la nuit du 11 au 12 janvier par le service action de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure), elle-même. « Le commando de la DGSE a fait face d’emblée à une forte résistance. » Les échanges de tirs ont été “violents” – selon le communiqué officiel. Deux autres militaires français ont également perdu la vie selon le communiqué. « Un militaire a été tué, un autre a disparu », a confirmé lors de son point de presse, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Une confusion qui pourrait naître que toutes les opérations sur place ne sont pas terminées, notamment pour récupérer les différents corps. 17 des preneurs d’otage ont également été tués.

3 ans et demi de détention dans des conditions difficiles

Denis Allex avait été enlevé à Mogadiscio le le 14 juillet 2009 alors qu’il effectuait une mission officielle d’assistance auprès du Gouvernement Fédéral de Transition (GFT). Son état s’était assez vite aggravé et il était dans un état qui n’était pas très bon (selon les informations de B2). « Face à l’intransigeance des terroristes, qui ont refusé pendant trois ans et demi toute négociation, et qui retenaient Denis Allex dans des conditions inhumaines, une opération a été planifiée et mise en œuvre » explique-t-on au ministère de la Défense.

Commentaire : on pourra sans doute gloser sur les conditions de ce raid. Malgré les pertes, cette tentative a une signification. 1. la France ne laisse pas tomber ses citoyens français retenus à l’étranger. 2. Elle n’hésite pas – le cas échéant – tenter une action de reprise de force, quitte à perdre la vie de l’otage.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).