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Tentative avortée de capture d’un navire à Bossaso

(BRUXELLES2) L’histoire balbutierait-elle ? Les soldats du Puntland qui avaient… pris en otage le MV Daesan, un navire-coréen chargé de ciment, qu’elles étaient sensées garder, ont été ramenées à la raison et.. à la maison mercredi (19 décembre). Elles ont ainsi remis le cap sur le port d’origine, à Bossaso, ont annoncé les médias locaux comme Garowe Online, sous bonne escorte. Deux navires des gardes-côtes les accompagnant.

Le navire nord-coréen chargé de ciment avait été intercepté le mois dernier dans les eaux du Puntland en train de polluer la baie. Et il était depuis plusieurs semaines assigné à résidence dans le port de Bossaso, sous bonne garde. Enfin. Du moins, le croyait-on. Mardi (18 décembre), à la faveur d’une relève, dans la nuit, l’équipe de 8 soldats qui était affectée à la garde a décidé de changer de bord, de capturer le navire et son équipage de 33 hommes. Les soldats ordonnèrent de quitter le port. Mais « après plusieurs heures en mer » et des « discussions entre certains des soldats-ravisseurs » et les autorités du Puntland, elles seraient revenues sur leur décision. Elles seront traduites en justice promettent les autorités de cette région autonome de Somalie, qui n’exclut pas que des “pirates” aient été mêlés de près ou de loin à cette tentative (*).

Cet épisode n’est pas sans rappeler la naissance de la piraterie dans cette région qui avait vu certains des gardes-côtes somaliens devenir pirates le jour où le programme de formation de l’ONU s’est arrêter. Il illustre également toute la difficulté de former des gardes-côtes dans un pays qui n’est pas encore stabilisé. Rétrospectivement, la méfiance de certains pays européens qui ne voulaient pas former de gardes-côtes somaliens pourrait s’en trouver justifier. La mission EUCAP Nestor, en cours de déploiement, n’a d’ailleurs reçu pour mandat, en Somalie, que de former une police côtière, à même de traquer les camps pirates, plutôt qu’une police en mer comme dans les autres pays de la région (Kenya, Seychelles…).

(*) On peut aussi avoir une autre explication que l’équipage ait soudoyé les gardiens pour être “enlevés”, ce qui pouvait leur rendre ainsi leur liberté. Mais ceci c’est du roman sans doute 🙂

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).