Syrie : toutes les options sont ouvertes (disent les 27)

La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, C. Ashton, et le président du Conseil européen, H. Van Rompuy (crédit: Thierry Monasse)

(BRUXELLES2) Les « 27 » chefs d’Etat et de gouvernement européens réunis en sommet aujourd’hui à Bruxelles ont tenu à dire qu’ils restaient « consternés » par  la « détérioration » de la situation en Syrie. Celle-ci sera traité comme « une priorité » sur leur agenda. Et ils ont chargé leurs ministres des Affaires étrangères de «  d’examiner toutes les options permettant de soutenir et d’aider l’opposition et d’apporter un appui plus important à la protection des civils ».

Quelles options ?

Une formule assez vague qui peut aller d’un soutien humanitaire plus important notamment dans les camps de réfugiés ou même sur place (par l’arrivée d’avions ou de bateaux directement sur les emplacements tenus par l’opposition quand ceci sera possible), à la levée de l’embargo sur les armes (celle-ci n’a été reconduite que pour 3 mois), en passant par la mise à disposition de moyens non létaux (moyens de transmission, informations satellites, …) sur place, d’un centre de gestion de crises (comme cela a été fait avec la Ligue Arabe en Egypte) comme à des options plus politiques, tel l’ouverture d’une « ambassade » de la coalition à Bruxelles, comme l’a proposé le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders (La Belgique étant l’Etat hôte des institutions européennes, cette ouverture permettrait l’établissement d’un lien officiel et direct avec l’opposition). L’option d’une présence d’une force de stabilisation de l’ONU, ou autre, après le conflit doit aussi être étudiée maintenant, considèrent certains ministres des Affaires étrangères.

Nécessité d’une transition politique

Notons que les « 27 » n’ont pas repris l’intégralité des résultats de la réunion de Marrakech. Ils n’ont fait que se « féliciter des résultats de la réunion » sans ajouter un mot sur une reconnaissance supplémentaire de l’opposition actuelle comme seul représentant légitime. Mais ils ont réitéré leur position que « une transition politique est nécessaire en Syrie dans la perspective d’un avenir sans le président Assad et son régime illégitime ».

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).