Syrie : est-ce le début de la fin ? Un trio de négociation Onu-Us-Russie, sans l’UE ?

(BRUXELLES2) « Les jours de Assad sont comptés ». C’est la phrase qu’a employée Barbara Nuland, la porte-parole du Département d’Etat à Washington lors de son point de presse quotidien jeudi (13 décembre). « Nous voyons que l’opposition présente des gains importants sur le terrain. L’opposition, ces derniers jours et semaines, a fait un certain nombre de captures importantes, en particulier, une importante installation militaire à l’extérieur d’Alep, la grande base Cheikh Suleiman, et d’autres installations militaires importantes. Le régime fait dans ses efforts désespérés pour prévenir l’inévitable. (…) Les combats continuent, dans Damas, à Alep. Mais il est clair que les efforts du régime pour vaincre militairement l’opposition ne suffisent manifestement pas ». Un tel discours pourrait paraître évident venant des Etats-Unis qui ont condamné Assad. Mais – cela est nouveau – il est aujourd’hui relayé à Moscou. Sans doute un résultat de la dernière réunion OTAN-Russie il y a quelques jours à Bruxelles – même si rien n’en avait transpiré à l’époque.

Moscou veut regarder la réalité en face : l’opposition gagne du terrain

« On doit regarder la réalité en face. Selon la tendance actuelle, le régime et le gouvernement en Syrie perdent de plus en plus le contrôle du territoire national. La victoire de l’opposition syrienne n’est malheureusement pas à exclure » a reconnu le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, jeudi, lors d’une réunion du conseil pour la coopération internationale selon l’agence Ria Novosti. Les opposants syriens « affirment que la victoire est proche (…) et qu’ils contrôlent d’ores et déjà 60% du territoire du pays », a-t-il ajouté.

Un trio de négociateurs ONU-US-Russie

Un mouvement observé avec chaleur à Washington. Barbara Nuland a ainsi appelé Russes « à travailler avec nous » pour faciliter une transition politique. Elle a ainsi proposé dans cet objectif d’utilisé le trio « Brahimi-Burns-Bogdanov », faisant référence ainsi à l’envoyé spécial de l’ONU, au secrétaire d’Etat adjoint américain et à son homologue russe. Les Russes peuvent déjà cesser leur aide au régime – a-t-elle ajouté – mais aussi « nous aider à identifier les personnes qui pourraient être disposés à l’intérieur de la Syrie, de travailler sur une structure de transition ».

Notons que l’Union européenne semble exclue de cette approche

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).