Le cadeau de Noël de l’OTAN à la Turquie : oui au déploiement des Patriot

Allemands, Néerlandais et Américains pourraient développer des batteries Patriot en Turquie (crédit : Bundeswehr)

(BRUXELLES2) Les Alliés doivent aujourd’hui approuver la demande turque de déployer des batteries Patriot sur son territoire pour se protéger d’éventuelles attaques syriennes. Cela devrait être fait lors de la première séance de travail qui réunit les ministres des Affaires étrangères des 28 cet après-midi après le déjeuner qu’ils auront eu avec le ministre russe, Dimitri Lavrov.

Un déploiement défensif

Cette demande a le « soutien de tous les alliés » a précisé un diplomate présent à l’Alliance. Mais sous certaines conditions : « ce sera un déploiement défensif, qui ne peut soutenir la mise en place d’une no Fly zone ni d’une offensive ». Les Patriot ne devraient pas être ainsi disposés sur la ligne frontière mais en retrait. D’un point de vue pratique, il y aura « une combinaison de la localisation et de la portée qui rendra impossible une telle utilisation offensive » a-t-il expliqué alors que nous l’interrogions sur ce sujet.

Pas une opération de l’OTAN, mais une opération autorisée par l’OTAN

Ce n’est pas l’OTAN qui déploie les batteries en tant que tel. Ce sont les pays (Allemagne, Pays-Bas, USA). L’OTAN ne fait que permettre « d’utiliser ces capacités dans le cadre du plan de défense aérienne ». Ainsi la durée de déploiement, leur emplacement, le nombre de batteries et de personnel engagés dépendent de la décision de chaque État engagé. Mais comme pour tout engagement de l’Alliance, le Conseil de l’atlantique (NAC réuni en formation ambassadeurs) et commandant des forces en Europe (Saceur ou DSaceur) suivront et contrôleront étroitement ce déploiement.

Un cadeau de Noël …

Une équipe d’évaluation des pays concernés est sur le terrain pour étudier les sites les plus adaptés et les conditions de ce déploiement. Plusieurs sites sont actuellement inspectés dans le sud-est et l’est du pays, selon les médias turcs,,notamment Diyarbakir (déjà utilisé pendant la guerre du golfe), Şanlıurfa ou Malatya.

Le déploiement ne devrait pas être immédiat mais rapide. On parle au QG de l’Alliance d’un délai « de quelques semaines (entre 3 et 5 semaines) ». Les frais de déploiement sont supportés par chaque Etat engagé, selon le principe « déployeur – payeur », et non selon un financement commun de l’Alliance. Rien n’empêche cependant au pays hote (la Turquie) de pourvoir à certains des financements. En général, tout ce qui concerne l’hébergement, la restauration et l’accueil des militaires de l’Alliance est ainsi à la charge de celui-ci.