20 otages iraniens libérés par le Sachsen. Les pirates relâchés…

(Crédit : Bundesweh r- Gunnar Wolff)

(BRUXELLES2) Les marins allemands ont libéré samedi (20 octobre) 20 marins iraniens retenus en otage par les pirates somaliens, apprend-on du QG d’EUnavfor Atalanta. Le bateau de pêche iranien avait été capturé par les pirates somaliens 6 jours auparavant.

A la réception de l’appel de détresse du dhow iranien, la veille (19 octobre), la frégate allemande FGS Sachsen (F-219) s’est rendue sur place. Elle a localisé le dhow à plusieurs miles nautiques au nord-est des côtes somaliennes et l’a abordé. A bord,  les forces de visite ont trouvé plusieurs AK47, un lance-roquette et 7 personnes suspectes. Le matériel a été confisqué.

Les suspects ont été interrogés. Mais “pour des raisons légales”, ils n’ont pu être gardé en détention et ont dû être relâchés. Les 20 marins iraniens ont pu directement recevoir l’assistance médicale par le médecin de bord. Et sont repartis.

Commentaire : La libération des suspects

On a quelque doute sur la raison officielle. Outre les motifs juridiques, il y a surtout que nous sommes en Haute mer et que s’applique donc, en premier lieu, la loi du pavillon “attaqué”, celui de l’Iran. Il parait difficile en l’état des relations qu’entretiennent les pays occidentaux (l’Allemagne fait partie du groupe 5+1 sur les sanctions du régime iranien) et la république Islamique d’entamer une procédure d’extradition des pirates. Quant à accueillir les suspects en Allemagne, pour les juger, ce qui serait juridiquement possible, en vertu de la compétence universelle internationale, elle serait encore plus délicate. La solution somalienne est aussi écartée, faute d’accord de transfert de prisonniers. La seule solution est donc la libération quasi-immédiate. Cela avait été aussi le cas la semaine dernière avec les suspects arrêtés par le San Giusto (lire : Nouveau coup de filet pour Atalanta !).

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).