La démission de John Dalli, quelle leçon en tirer

(BRUXELLES2) Après la démission du commissaire John Dalli, on peut se poser plusieurs questions mais il y a une certitude. C’est la volonté de reprise en main affichée par le président de la Commission, José-Manuel Barroso.

Le président Barroso n’a pas voulu tergiverser ou attendre que le dossier pourrisse et vienne alors polluer sa fin de mandat. Il a tiré incontestablement la leçon de l’affaire Cresson et de la fin de la Commission Santer en 1999. En prenant l’initiative lui-même de révéler l’affaire et d’y mettre fin immédiatement, il mène une opération tambour battant voulant opérer une opération chirurgicale. Pas de doute, pas de pitié, on coupe le bras qui parait branlant.

C’est aussi un avertissement très net à ses commissaires et à tout l’effectif de la Commission européenne : le patron c’est lui. Et gare à celui qui ne voudrait pas respecter le code de conduite, ou autres instructions.

C’est enfin un coup de pied dans un monde du lobbying où la proximité entreprises-politiques est la clé de voute du système. Nombreux sont les responsables (de cabinet, du service du porte-parole…) à avoir ensuite oeuvré dans les cabinets de lobbying, c’est même un cursus normal de carrière, y compris pour les commissaires (comme l’ancien commissaire au marché intérieur, Mc Creevy). Ce sans compter les jetons de présence dans des conseils d’administration d’entreprises dont semblent encore friands certains députés européens. On frôle ainsi certains jours les limites sinon de la légalité au moins de la moralité et de l’éthique…

A suivre sur le club de B2, quelques détails

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).