Une zone d’exclusion aérienne limitée est à l’étude pour la Syrie

(BRUXELLES2) L’hypothèse de mettre en place une zone d’exclusion aérienne (No Fly Zone) au-dessus de la Syrie n’est plus tout à fait… exclue. Il s’agit même d’une hypothèse de travail sur lesquels planchent les Etats-Majors alliés. Mais il ne s’agirait pas d’une zone globale, couvrant toute la Syrie, seulement une zone partielle, à proximité de la frontière turque par exemple. Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense, l’a confirmé sur France24. « Interdire tout vol sur le territoire syrien veut dire clouer l’aviation syrienne au sol, cela veut dire entrer en guerre. (…) Une no fly zone nécessite d’avoir une coalition internationale capable de le faire. Les conditions ne sont pas réunies » a-t- il expliqué. En revanche, « une zone particulière autour de laquelle il pourrait il y avoir un interdit mérite d’être étudiée. » La France qui préside le Conseil de sécurité compte réunir celui-ci pour essayer d’aller « aussi loin que possible dans l’aide humanitaire ».

Toute la question est d’avoir un cadre juridique pour le faire. « On ne pourra intervenir en Syrie sans légalité internationale. Sans légalité internationale, on ne peut rien faire. » avait-il averti juste auparavant. Il y a un exemple récent, c’est l’établissement de no fly zones au-dessus de l’Irak après la première guerre du Golfe en 1991, à l’initiative des Américains, Français et Britanniques. Les Alliés s’appuyaient sur une résolution du conseil de sécurité des Nations-Unies, la 688, même si celle ne contenait pas d’autorisation explicite pour le faire et si cette base juridique a ensuite été contestée, pour protéger les Kurdes au nord, les chiites au sud.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).