Pour Rome, la solution est humanitaire et politique, pas militaire

Le ministre Terzi en réunion avec les ambassadeurs de l'organisation de la conférence islamique fin juillet (crédit : Farnesina)

(BRUXELLES2) Pour le ministre italien des Affaires étrangères, Giulio Terzi, la crise syrienne a atteint « un tournant » tant en termes de violences que subit le peuple syrien que de risque d’instabilité pour la région. Et s’il est « urgent de mettre fin au conflit et de permettre à la Syrie de tourner la page », la solution militaire n’est pas pour lui envisagée comme il l’a expliqué dans le quotidien La Repubblica.

Deux fronts : l’humanitaire et le politique

« Deux fronts doivent être privilégiés. » Le plus urgent est « l’assistance au peuple et à l’opposition syrienne, pour les aider à résister au régime et à se préparer à la transition (…) sans toutefois intervenir militairement ». Il faut mettre « en place un plan visant à préparer l’après-Assad et garantir la stabilité économique et politique de la Syrie ». La réflexion doit concerner tous les « aspects de la sécurité, des institutions, la reconstruction économiques et les aspects humanitaires ».

Une transition semble « désormais inévitable et devra être soutenue par la communauté internationale » estime le Ministre. Les « preuves existent de la fatigue gagnant l’armée et de son recours à des milices plus seulement internes (Shabiha) mais aussi des “légions étrangères» (les 48 chiites iraniens enlevés à Damas le 4 Août incluent des Pasdaran et du personnel ex-militaire) ».

Des réunions pour préparer la transition politique, un rôle pour l’UE

Afin de réunifier l’opposition, une série de discussions politiques est planifiée à Rome en septembre. Et « dans les prochains jours »,  une réflexion informelle devrait réunir à Rome « un groupe d’alliés et de pays partenaires afin d’approfondir le rôle et les responsabilités internationales dans la Syrie de l’après-Assad ». Pour Terzi, la crise syrienne est une « priorité absolue de la politique étrangère italienne et nous devons continuer à être à la hauteur de ce défi ». Les Italiens ont décidé de mettre en place une “Task Force” sur la Syrie à l’intérieur du Ministère des Affaires étrangères. Et l’Union européenne aura « un rôle à jouer sur le front humanitaire et dans la construction des institutions démocratiques syriennes ».

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).