Le procès des Pussy Riot sème l’inquiétude en Europe sur l’état de la démocratie en Russie

(BRUXELLES2) Le verdict de deux ans de camp prononcé, aujourd’hui, à l’encontre des trois activistes des Pussy Riot, Nadezhda, Maria et Ekaterina par la cour du district de Khamovnichesky a suscité une condamnation européenne. La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Cathy Ashton, a exprimé publiquement sa « profonde déception ». Elle considère la sanction comme « disproportionnée ». « Condamner trois jeunes femmes, dont deux sont mères d’enfants en bas âge à deux ans de prison pour une expression pacifique, même si elle est controversée, de leurs opinions, est profondément troublant. » Et d’appeler à ce que cette décision soit « revue et inversée en ligne avec les obligations internationales de la Russie ».

Inquiétude sur l’état de la démocratie en Russie

La Haute représentante a aussi insisté sur « les mauvais traitements qu’ont subies les jeunes femmes durant leur détention préventive et les irrégularités survenues durant le procès qui appellent de sérieuses interrogations sur le respect par la Russie de ses obligations internationales de procès indépendant, transparent et équitable. » Ce cas « s’ajoute à une recrudescence des actes d’intimidation à motivation politique et à la poursuite des militants d’opposition, une tendance qui préoccupe de plus en plus à l’Union européenne » a-t-elle ajouté.

 

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

2 réflexions sur “Le procès des Pussy Riot sème l’inquiétude en Europe sur l’état de la démocratie en Russie

  • 17 août 2012 à 20:05
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    Attendre ça pour comprendre que le gouvernement de Poutine est loin d’être respectueux des principes démocratiques c’est soit de l’aveuglement stupide soit de l’incompétence. Ont-ils oublié la journaliste qui s’est fait assassiné? ont-ils oublié les massacres de Tchétchènie?

    Franchement c’est du foutage de gueule de jouer les offusquée seulement maintenant.

  • 19 août 2012 à 16:33
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    Je ne vois pas où est le lien avec la démocratie, mot qu’on brandit à toutes les sauces surtout pour pour se donner de airs de gardiens de la morale.
    On oublie de dire:
    – pour quel motif exact elles ont été condamnées? (pour avoir parlé contre le président Poutine, dont l’assise électorale ferait envie à nos chers dirigeants occidentaux? ou bien pour avoir violé de façon blasphématoire l’enceinte de la cathédrale, violant ainsi la conscience religieuse de millions de chrétiens dont je suis?)
    – le même acte en Arabie Saoudite, ou dans la nouvelle Egypte, Tunisie ou Libye aurait mené ces jeunes personnes droit à la lapidation, la décapitation ou la pendaison, dans un élan de justice légale ou populaire, c’est selon.
    – être mère de famille, ou au moins avoir un enfant en bas âge, implique des responsabilités qui ne sont pas compatibles avec ce qu’elles ont fait. Ca n’est certainement pas une circonstance atténuante.
    – quant aux notions de mauvais traitements pendant la détention, et les irrégularités durant le procès, je parie ma chemise que sont sont des informations fournies par des opposants à Poutine, voire par des militantes de Pussy Riot, ou encore par les classiques ONG ou boites de com largement financées par les Etats-Unis. Y a-t-il des preuves de tout cela?

    Enfin je m’amuse de voir, dans la presse française, des inquiétudes face à la « soviétisation » du régime (sic), alors que cette même presse fait le meilleur accueil et la part belle dans la vie politique française à quelques nostalgiques de cette ère soviétique qui a « enchanté » nos lendemains. Comprenne qui pourra. Pur moi, ce n’est ni clair, ni cohérent. Le seul leitmotiv, c’est « haro sur Poutine ».

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