Mutinerie dans l’Est Congo, l’UE préoccupée. Le Rwanda en embuscade

Des casques bleus indiens en veille sur Bunagana, au Nord Kivu, mai 2012 (© MONUSCO/Sylvain Liechti)

(B2) « L’UE condamne fortement la rébellion de certains éléments de l’armée congolaise ». C’est en ces mots que Catherine Ashton a condamné, aujourd’hui (jeudi 7 juin), la mutinerie dans les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Le gouvernement du Congo fait effectivement face, depuis fin mars, à une rébellion dans l’armée, qui a commencé lorsque le gouvernement a voulu arrêter Bosco Ntaganda, ancien chef de guerre rebelle qui a été intégré comme général de l’armée suite à un accord de paix en 2009. Ntaganda est recherché par la Cour Pénale Internationale pour crimes de guerre.

L’armée congolaise aurait répondu à la mutinerie en tuant plus de 200 soldats mutins et en saisissant d’importants stocks d’armes depuis le début de la rébellion, selon un porte-parole du gouvernement. De plus, 370 mutins se seraient rendus. « L’UE soutient fermement les efforts actuels de la RDC pour mettre fin aux chaînes de commandement parallèles dans les FARDC » a simplement commenté la Haute représentante. Plus de 100 000 personnes auraient fui leurs habitations dans la région ces deux derniers mois.

Refroidissement des relations entre le Rwanda et la RDC

Cette mutinerie s’est traduite par une escalade de la violence à l’Est du pays, à la frontière avec le Rwanda. Le Rwanda accusé par plusieurs personnes, comme l’a relaté Human Rights Watch, de soutenir fortement Ntaganda (lire l’article dans Radio Okapi). « La récente coopération entre le Rwanda et la RDC sur ce sujet est nécessaire » selon Catherine Ashton. « L’UE est fortement préoccupée par les récents développements au Kivu et par la détérioration de la situation sécuritaire ». Il faut que ces événements soient soumis à enquête et que le dialogue entre les deux pays soient maintenu.