Il faut intégrer la sécurité climatique aux politiques de sécurité européennes (Indrek Tarand)

(BRUXELLES2) Les bouleversements climatiques et les catastrophes naturelles ont un impact important sur la paix et sécurité internationale. Il faut donc adapter la politique européenne de sécurité et de défense en conséquence. C’est ce que veut rappeler l’eurodéputé estonien Indrek Tarand (Verts/ALE, également membre de la délégation du Parlement à l’Assemblée Parlementaire de l’OTAN) dans une résolution qui sera discutée jeudi (21 juin) à la sous-commission sécurité et défense du Parlement Européen.

Les catastrophes naturelles et le changement climatique déstabilisent particulièrement les Etats les plus vulnérables, où par exemple la baisse de l’accès à l’eau ou autres ressources force les populations à migrer et surmène ainsi des systèmes administratifs, économiques ou sociaux déjà faibles, ce qui pose les conditions d’émergence de conflits (comme par exemple au Sahel). Pour lutter contre cela, l’Europe a un bon potentiel, encore faut-il l’utiliser mais aussi l’adapter, dit l’eurodéputé.

De nouveaux instruments doivent être créés

  • Un groupe de travail au Conseil en charge de la coordination des problématiques entre changement climatique, sécurité énergétique et défense.

  • Un « envoyé spécial » sur la sécurité climatique doit être institué au niveau de l’UE et des Etats Membres, comme l’ONU en a émis l’idée à son niveau et comme le Royaume-Uni l’a déjà fait en la personne du contre-amiral Neil Morisetti. Un nouveau Représentant Spécial en quelque sorte.

Il faut surtout du personnel et adapter les structures existantes

La problématique du changement climatique et des catastrophes naturelles doit être intégrée dès la planification dans la PSDC, dans ses documents stratégiques et conceptuels mais aussi dans les structures de décision telles que la Capacité civile de planification et de conduite (= le commandement des missions civiles de gestion de crises), l’Etat-Major militaire ou le Comité Militaire. Il s’agit d’agir au niveau de la prévention des crises, en particulier grâce à la collecte et l’analyse de données. Il faut pour cela des ressources humaines « adéquates ». Y compris sur le terrain: des experts doivent également être envoyés dans les délégations de l’UE dans les pays les plus concernés.

Et utiliser les ressources à disposition: pooling and sharing et battlegroups

Le pooling and sharing, par exemple, constitue une bonne opportunité. Le Conseil, ainsi que l’Agence Européenne de Défense, sont donc invités à dresser une liste des capacités disponibles qui sont utilisables pour les crises climatiques et les catastrophes naturelles (par exemple dans les domaines du transport aérien et maritime, les hôpitaux mobiles, les communications ou encore la purification de l’eau). Il faut trouver des pistes pour d’autres projets communs qui seraient pertinents pour la gestion des crises climatiques. Les battlegroups sont également une bonne base de départ, qui pourraient servir de modèle à adapter aux thématiques concernées. Enfin, la coopération avec l’OTAN en termes de capacités est également la bienvenue.

Télécharger le projet de résolution dans les docs de B2.

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