A Florence, Eurofor ferme… dans l’indifférence

(BRUXELLES2) Le quartier général de la force européenne terrestre « Eurofor », basé à Florence (en Italie) va fermer ses portes officiellement à compter du 2 juillet. Une fermeture assez attendue. Fondé en 1995 dans le cadre de l’Union de l’Europe occidentale, ce quartier général qui compte encore 82 militaires n’est plus vraiment l’outil opérationnel dont on rêvait. Ce que confirme explicitement un officier (espagnol). « L‘évolution de la politique commune de défense et de sécurité de l’Union européenne et la réduction des structures militaires de l’OTAN, comme l’adaptation de notre stratégie extérieure et les restrictions actuelles (budgétaires) nous amène à cette décision » explique-t-il.

Le Traité international signé entre les quatre pays fondateurs (Espagne, France, Italie, Portugal) a donc été dénoncé. Mais d’ores-et-déjà, une cérémonie de clôture aura lieu à Florence (Italie) en présence du chef d’Etat-Major espagnol – qui préside actuellement cette structure – et de représentants des pays fondateurs. L’Euroforce restera uniquement navale avec le quartier général maritime Euromarfor.

Commentaire : Dans un souci de rationalisation des effectifs, il parait nécessaire de ne pas garder des structures qui fonctionnent au ralenti (pour être gentil :-)). La Cour des comptes avait d’ailleurs dénoncé il y a peu dans un rapport, le fonctionnement des corps européens dont l’utilité paraissait difficile à justifier au fil des années. En même temps, il n’aurait pas été inutile plutôt que de supprimer une structure d’aller jusqu’au bout de la logique qui la conduit et de choisir de venir renforcer les structures militaires de l’Europe de la défense que soutiennent trois des quatre pays membres d’Eurofor ; la France, l’Italie et l’Espagne ayant signé la « lettre de Weimar » sur le renforcement des structures européennes de gestion de crise. Pourquoi ainsi ce quartier général terrestre ne pouvait être apporté – sous une forme juridique appropriée (ad hoc, coopération renforcée…) à l’Etat-major européen ?

Lire aussi :

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).