23 millions d’Euros pour la Syrie. L’Europe débloque une aide humanitaire d’urgence

Convoi du CICR en route vers Homs, février 2012 (crédit : CICR / SARC / I. Malla)

(BRUXELLES2) La Commission Européenne a en effet adopté, aujourd’hui (vendredi 8 juin), une décision permettant de débloquer une aide humanitaire de 23 millions d’euros « spéciale » pour venir en aide à la population syrienne. Objectif : assurer « une réponse simple et rapide aux besoins les plus urgents de la population syrienne et des réfugiés syriens », comme l’a détaillé à la presse la commissaire en charge de l’aide humanitaire, Kristalina Georgieva.

Répondre aux besoins les plus urgents

« Les produits de base sont chers et l’accès aux services fondamentaux comme l’éducation et la santé devient de plus en plus difficile » commente-t-elle. Les fonds concernés par cette « mesure spéciale » devront donc concerner ces produits et services. Le soutien aux médias, aux activités culturelles et à la société civiles figure également parmi les domaines ciblés.

Le problème de l’accès au terrain

Les fonds seront dirigés vers les organisations déjà sur le terrain et qui « ont accès aux populations les plus vulnérables », comme le Comité International de la Croix Rouge (CICR) en Syrie, ou le Haut Commissariat de l’ONU (UNHCR) pour les réfugiés dans les pays voisins. Selon les dernières estimations de l’ONU, environ 1 million de personnes auraient été déplacées par ce qu’il faut bien appeler un conflit armé, dont plus de 40 000 réfugiés. Si plus de 2000 acteurs humanitaires sont présents en Syrie, ils sont la plupart du temps, à l’exception de la Croix-Rouge, empêchés d’accéder aux régions les populations les plus vulnérables. Il faut donc verser les fonds à des organisations considérées comme neutres par le régime de Bachir El Assad.

Qu’en est-il de l’option militaire pour assurer la sécurité de l’approvisionnement ?

La communauté humanitaire voit cela comme une solution « en dernier recours », « seulement lorsqu’il n’y a pas d’autre accès possible » a expliqué Kristalina Georgieva. Elle évoque les exemples de la Libye ou d’Haïti où c’était nécessaire et où « il a fallu en venir là. »