Pour les Américains, le retrait d’Afghanistan est une décision nationale mais…

(BRUXELLES2) La décision française de retrait des troupes combattantes avant la fin 2012 d’Afghanistan n’inquiète pas outre-mesure à Washington. Mais ne suscite pas vraiment l’enthousiasme non plus. Chacun espère un léger assouplissement de la position française. Comme me l’a expliqué Ivo Daalder, l’ambassadeur américain, dans un échange « tweet », c’est « aux nations de se déterminer elles-mêmes ». (Mais) l’opération ISAF est basé sur « le principe « in together, out together » », soit tous ensemble pour entrer, tous ensemble pour sortir. Et les Alliés ont décidé de « terminer l’opération en 2014 ».

NB : le principe « in together et out together », doit être nuancé. Car tout le monde n’est pas « entré ensemble en Afghanistan ». Et les Français ont été parmi les premiers à y participer, bien avant d’autres nations participant aujourd’hui à l’opération : en octobre 2001 pour les forces aériennes et en novembre 2001 pour les forces navales avec le Charles de Gaulle (opération Herakles) et dès janvier 2002 pour les forces terrestres, certaines incorporées à l’opération Enduring Freedom, d’autres à l’Isaf. De plus, on se situe aujourd’hui en pleine période de transition, où la Kapisa va passer, entièrement, sous contrôle des forces afghanes, comme l’a précisé le président Karzai il y a quelques jours en présentant la 3e phase de transition. Il n’y a donc pas totalement rupture de la coalition, mais simplement une accélération du calendrier, qui n’est pas impromptue. Elle a largement été annoncée aux alliés lors de la campagne et aujourd’hui officiellement.

Ecoutez ici la réponse

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

Commentaires fermés.