Le V4 signe pour la permanence du battlegroup en 2016

(crédit : ministère tchèque de la Défense)

(BRUXELLES2) C’est dans une petite vile de Bohême du nord, à Litomeřice, que les quatre ministres de la Défense du groupe de Visegrad – Pologne, Hongrie, Slovaquie, république Tchèque – se sont retrouvé aujourd’hui (vendredi 4 mai) pour signer l’accord de mise en place d’un battlegroup commun à l’horizon 2016. Le groupe de Visegrad (V4) prend la « garde » dans la force de réaction rapide de l’UE au premier semestre 2016, ainsi que précisé dans le planning diffusé sur B2.

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Ce groupe devrait comprendre environ 3000 soldats avec comme nation-cadre la Pologne. Celle-ci fournira 1200 soldats, la république Tchèque 800, les Slovaques 400 et les Hongrois 350. Le transport aérien médical sera assuré par les Tchèques avec une équipe médicale et un avion Casa aménagé pour le transport de blessés. Ceux-ci fourniront également une unité de combat de Pandurs selon le chef d’Etat-Major, Vlastimil Picek. L’Autriche pourrait aussi apporter une assistance en matière de logistique.

Les quatre pays prévoient également de mettre en place une équipe conjointe pour faire des achats en commun – notamment des radars terrestres selon certaines informations recueillies par B2. Ils pourraient notamment le dispositif qui sera testé dans le cadre de l’agence européenne de défense, avec l’Autriche au second semestre 2012. Le premier entraînement en commun devrait commencer en 2013 et se poursuivre après la fin de la mission de l’ISAF (OTAN) en Afghanistan, une contrée où les quatre pays déploient au total près de 3.600 soldats.

Les « V4 » (le surnom du groupe de Visegrad) ont aussi réaffirmé à quelques jours du sommet de Chicago leur volonté de parler d’une seule voix aux cotés des autres pays et notamment leur engagement signé en marge de la dernière réunion ministérielle de l’Alliance, « Responsability for a strong Nato« . Ils ont ainsi identifié plusieurs domaines où la coopération peut s’intensifier :  la formation du contrôle aérien (FAC/JTAC), la défense nucléaire radiologique, biologique et chimique (CBRN), la formation des pilotes d’hélicoptères, la coopération logistique, les installations de traitement médical, l’expérimentation multinationale, la formation contre les engins explosifs improvisés (C-IED) et la destruction d’engins explosifs (EOD).

(Nicolas Gros-Verheyde)

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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