Et pourquoi pas créer un marché intérieur au Proche-Orient, dit Michel Barnier

(BRUXELLES2) S’exprimant devant le Brussels Europe Press Club, jeudi (24 mai), Michel Barnier, le commissaire européen au Marché intérieur a considéré que la consolidation de la démocratie dans les pays arabes était un enjeu majeur pour l’Europe.

Leur stabilité, notre stabilité

Aujourd’hui, « le peuple égyptien a les clés de la démocratie entre les mains ». Mais la démocratie « cela prend du temps » explique-t-il. C’est un exercice exigeant. Et « l’Europe ne peut pas se contenter de regarder et d’encourager ». Car « l’instabilité de cette région, c’est aussi notre instabilité. Nous devons donc contribuer à la stabilité de cette région du Proche et Moyen-Orient ». « Ces démocraties seront d’autant plus solides qu’elles auront de la croissance, pourront apporter de l’avenir aux jeunes. Cela vaut aussi pour tous ces pays, mais aussi pour l’Etat palestinien

Un marché intérieur, une gestion de l’eau, une politique agricole

Et de développer une idée, celle de la construction d’un marché intérieur propre au Moyen-Orient ou Proche Orient. « Il faut dans ces pays construire un marché, supprimer des barrières, faciliter les échanges… Le printemps arabe permet çà. » Ce qu’a fait l’Europe peut être un exemple. « Avec d’autres lois, d’autres méthodes car ce sont d’autres traditions. Mais l’important c’est de mettre en commun. Mutualiser, cela ne signifie pas uniformiser. » Et au-delà de la création d’un marché commun au Proche-Orient, on pourrait aussi s’intéresser à d’autres projets d’intérêts communs, « avoir une gestion de l’eau, avoir une politique agricole commune, pourquoi pas. » Il a précisé aussi combien « l’Europe n’a pas de leçons à donner. Mais elle peut apporter une expérience. »

En Afrique aussi

Cette idée d’un marché intérieur pourrait ne pas concerner que les pays du monde arabe ou du Proche-Orient. Elle pourrait aussi trouver application en Afrique explique le commissaire. « J’ai discuté récemment avec les dirigeants de l’Union africaine à Addis-Abeba. L’Afrique est un continent passionnant, difficile, immense. On ne pourra pas faire tout de suite un marché unique pour toute l’Afrique. Mais on peut faire des marchés économiques régionaux : pour l’Afrique du nord, pour l’Afrique de l’est et pour l’Afrique de l’ouest. C’est sans doute dans cette région, avec la CEDEAO, que c’est le plus avancé sans doute. » Là encore, ajoute-t-il « L’Europe doit soutenir ces régimes, doit aider ces pays. il y a une chance pour ces pays pour mettre ensemble ces marchés communs. »

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).