Ravitaillement en vol : une proposition à 3

(crédit : ECPAD / Ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2) De façon surprenante, c’est au boulevard Leopold (coté Otan) et non à Val Duchesse (à la réunion de l’UE que les ministres français, allemand et néerlandais de la Défense ont choisi d’annoncer une « déclaration d’intention » pour conduire le projet commun sur le ravitaillement en vol.

Ce projet est pourtant préparé et mené dans le cadre de l’Agence européenne de la Défense. Il a été endossé par les « 26 » (*) ministres de la Défense de l’UE, sous forme d’une déclaration politique le 22 mars dernier. Par cette déclaration, les trois pays ont entendu affirmé le lead sur ce projet, qui restera ouvert aux autres pays. Il devrait constituer une des principales contributions, très concrètes, de l’UE au sommet de l’OTAN en mai à Chicago.

« Ces efforts entendent souligner l’engagement de l’UE pour renforcer les capacités militaires européennes avec l’objectif de répondre aux lacunes capacitaires critiques et de démontrer la détermination de l’UE pour faire face à ses responsabilités face aux défis de la sécurité posés aujourd’hui » indique d’ailleurs la déclaration. Ou comme le résume, de façon plus imagée, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet : « C’est une façon de dire aux Américains. Nous avons bien compris votre message, nous vous avons bien entendu. Nous allons résoudre ce problème. Mais tout seuls, sans vous. »

Entre l’OTAN et l’UE, du concubinage, pas un mariage !

Entre les deux organisations (UE – Otan) engagés dans un même exercice capacitaire « pooling and sharing » d’un coté, « smart défense » de l’autre, il n’y a pas de concurrence mais chacun reste indépendant. « Nous sommes en concubinage mais pas mariés » résume Gérard Longuet. C’est l’aboutissement d’une réflexion en plusieurs étapes. Le ravitaillement en vol était  une lacune constatée lors de la dernière opération en Libye. Ou pour être plus exact, elle avait été révélée, car cela fait plusieurs longues années que les Européens dépendent pour le ravitaillement en vol de leur aviation, essentiellement, de leurs alliés américains. Un choix tout autant politique et opérationnel qu’industriel ; il parait évident que l’avionneur européen, Airbus, est le vecteur industriel pour ce projet.

Deux ateliers de travail devraient être organisées les semaines à venir : une dédiée aux aspects d’acquisition, l’autre aux aspects opérationnels. Ces avions ravitailleurs pourraient ainsi rejoindre l’EATC – le centre européen de coordination de l’aviation de transport, établi à Eindhoven, entre ces 3 pays + la Belgique.

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(*) Le Danemark ne participe pas aux travaux militaires dans le cadre de l’Union européenne : 27 – 1 = 26 !

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).