L’eurodéputée Ana Gomes interdite d’entrée à Bahreïn

(B2) L’eurodéputée portugaise Ana Gomes (Partido Socialista / S&D) a dit avoir été retenue pendant plus de sept heures dimanche 29 avril,  à l’aéroport de Manama (Bahreïn) par les autorités locales. Elle devait y rencontrer des militants des Droits de l’Homme et notamment Abdulhadi al-Khawaja, détenu en prison et effectuant une grève de la faim depuis bientôt 3 mois, avant de reprendre l’avion pour la Libye. « Je n’ai jamais été sujette à ce genre de traitement en tant que membre du parlement » a-t-elle déclaré. Disposant d’un passeport diplomatique et membre de la commission « Affaires étrangères » et des sous-commissions « Droits de l’Homme »  et « Sécurité et défense » du Parlement Européen, Ana Gomes s’est tout de même vue refuser le visa.
L’eurodéputée appelle la Haute représentante Catherine Ashton ainsi que les Etats membres de l’UE – « dont certains font affaire avec le pays et ont été en connivence avec ce qui se passe en termes de Droits de l’Homme » –  à envoyer « un message très fort » aux autorités du Bahreïn pour leur rappeler qu’elles sont « responsables pour ces militants des Droits de l’Homme qui sont détenus et torturés« . Le gouvernement du Bahreïn avait annoncé en février qu’il allait limiter les visas après que des militants étrangers sont entrés en tant que touristes pour rejoindre les manifestations contre le régime. Des journalistes étrangers ont également été stoppés à l’aéroport la semaine dernière alors qu’ils devaient couvrir le Grand Prix de formule 1 qui avait lieu à Manama. Toutefois, les autorités de Bahreïn n’ont pas voulu répondre aux demandes de journalistes concernant ce qui relève maintenant plus de l’incident diplomatique.