Les procédures anti-piraterie retardées au Kenya ?

(BRUXELLES2) C’est un nouveau coup dur pour les procédures judiciaires engagées contre les pirates au Kenya. Un pays qui accueille cependant une bonne majorité des suspects de piraterie transférés par les forces européennes et anglo-saxonnes. La magistrature kenyane vient en effet de subir un vigoureux coup de balai, qui pourrait avoir des conséquences indirectes sur les affaires en cours, en particulier de piraterie. Quatre magistrats de la Cour d’appel viennent ainsi d’être démis de leur fonction. Ils ont été jugés inaptes à exercer leurs fonctions, n’ayant pas réussi le test d’intégrité. Certains ont été considérés comme acceptant trop facilement des « cadeaux », d’autres trop engagés de façon politique ou fermant les yeux sur les tortures dont ont été victimes des accusés. Une décision qui s’inscrit dans le cadre d’une vérification de compétences des hauts magistrats et d’une réforme plus générale de la justice. Trois des cinq juges en charge des affaires de piraterie ont ainsi été renvoyés à leurs études. Cela qui devrait non seulement entraîner une surcharge de travail pour les 11 juges restants mais aussi obliger à reprendre à zéro certaines auditions selon nos confrères kenyans. Avec un ralentissement des procédures en cours à la clé…

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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