Ashton passe une petite semaine au froid

(crédit : université de Svalbard)

(BRUXELLES2) La Haute représentante fait, cette semaine, un déplacement de… la plus haute importance, dans le grand Nord. Trois jours de voyage dans les pays nordiques – deux de l’UE Finlande et Suède, un hors UE, Norvège – consacré à l’Arctique, sujet stratégique. Je ne résiste pas à l’envie de vous détailler le programme de ces rencontres qui montre que… finalement, un emploi du temps de Haut représentant (+ commissaire + président du Conseil des Affaires étrangères) n’est pas aussi lourd qu’on le dit.

Au menu : mardi (6 mars), rencontre avec les responsables finlandais, le président de la République finlandais Sauli Niinisto?, Le Premier ministre Jyrki Katainen, le ministre des Affaires étrangères Erkki Tuomioja et son homologue du Développement Heidi Hautala ; suivie d’une rencontre avec le président du Parlement Sami, Klemetti Na?kka?la?ja?rvi. Rencontres politiques suivi d’un discours lors du séminaire au Centre « Arctique » de l’Université de Lapland. Mercredi (7 mars), visite de la mine LKAB à Kiruna en Suède, avec le ministre des Affaires étrangères Carl Bildt, puis visite de la station satellite Esrange avant d’aller, en Norvège, à Svalbard visiter le centre universitaire avec le ministre norvégien des Affaires étrangères, Jonas Gahr Sto?re. Jeudi (8 mars), visite au glacier Kongsvegen et à sa station météo, puis discours à la conférence sur l’Europe à Oslo. Il ne restera ensuite qu’un saut de puce pour aller au conseil informel des Affaires étrangères à Copenhague. Et voilà… une semaine bouclée ! Ne vous inquiétez pas pour les images, une équipe d’EBS – la chaîne de la Commission européenne – suivra la visite. Nous pourrons ainsi avoir toute la semaine quelques images et videos choisies.

Commentaire : Certes la question de l’Arctique est effectivement une question stratégique de la plus haute importance. Et on peut concevoir d’y consacrer du temps. D’autant que l’Union européenne a posé sa candidature comme observateur permanent au Conseil de l’Arctique. Mais trois jours entiers… au moment où la Russie et l’Iran ont un changement électoral important, où la Syrie est à feu et à sang… est-ce tout à fait adéquat ? « Il faut bien faire ces voyages à un moment donné, sinon on ne le fait jamais » me répond un membre du cabinet de la Haute représentante. Soit… On peut aussi se dire que passer quelques jours avec des ministres des Affaires étrangères avant une réunion informelle n’est pas inutile (Lundi, C. Ashton est à Prague avec les 4 ministres du triangle de Visegrad : polonais, tchèque, slovaque et hongrois). Il y a ainsi toute une série de raisons objectives qui peuvent justifier ce voyage. Mais on a comme une impression de déjà vu, de décalage permanent, dans le tempo de Catherine Ashton qui ne semblent pas s’arranger avec le temps ni s’accompagner d’un rehaussement de son ambition d’action. Il y a comme une gêne voire une honte à voir ainsi une Haute représentante « gaspiller » un temps précieux, être toujours à « coté de la plaque », alors qu’elle a toujours aussi peu de temps à consacrer à « ses » troupes au service diplomatique européen, à préparer les réunions de la Commission européenne ou à répondre aux questions urgentes posées dans d’autres parties du monde…

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).