L’ONU renforce les moyens de l’AMISOM. Nouvelle résolution adoptée

soldat somalien à Mogadiscio (crédit : Amisom)

(BRUXELLES2) Elle porte le numéro 2036. C’est la nouvelle résolution que le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé, à l’unanimité, mercredi (22 février) renforçant les moyens de l’AMISOM – la force de paix de l’Union africaine déployée en Somalie – en moyens, en hommes et en financement.

Avertissement au GFT

Les membres du Conseil de sécurité lancent aussi un nouvel avertissement au GFT, le gouvernement fédéral de transition somalien, pour mettre en place tous les aspects de la « feuille de route ». Ils soulignent que la période de transition prendra fin le 20 août 2012 et que toute « extension de cette période de transition serait intenable » ; il appelle donc toutes les parties somaliennes à trouver rapidement des « accords sur la post-transition », à la fois en matière d’inclusion de toutes les tendances.

Al Shabab frappés au porte-monnaie

Un embargo sur le charbon exporté, directement ou indirectement, de Somalie devra être mis en place. C’est une des ressources principales des Al Shabab, à destination essentiellement de la péninsule arabique. Il s’agit de frapper les forces islamiques au porte-monnaie. Chaque Etat membre de l’ONU a 4 mois pour transmettre à New-York les modalités de mise en oeuvre de cette interdiction.

Extension géographique et numérique de l’Amisom

La résolution du Conseil de sécurité autorise l’extension géographique de la force de l’Union africaine, avec une répartition dans plusieurs secteurs, confiés à unou plusieurs pays contributeurs, comme proposé dans un nouveau concept d’opération par le secrétaire général (pour la carte, voir autre article). Chaque secteur serait doté d’une plate-forme logistique, équipée de structures pour abriter le siège, les installations médicales et les stocks.

L’ONU entérine l’augmentation de l’effectif qui sera porté de 12.000 hommes à 17.331, avec incorporation de nouveaux contingents (Kenyans notamment). Ceux-ci devront « être pleinement intégrées dans les structures de commandement et de contrôle de l’AMISOM et opérer dans le respect de son mandat », est-il précisé.

Moyens supplémentaires

L’AMISOM sera également dotée d’une aviation légère : 3 hélicoptères d’attaque et 9 de transport.

Une force de sécurité devrait être créée, chargée de fournir des services de protection, d’escorte et d’assurer la sécurité du personnel de la communauté internationale et des Nations-Unies. Le développement d’une force de police à Mogadiscio est également « encouragée » ; une composante « police » étant créée au sein de l’AMISOM.

Afin de réduire les possibles pertes civiles, une structure spéciale, la Civilian Casualty Tracking, Analysis and Response Cell (CCTARC) va être mise en place, chargée de tracer et analyse les pertes éventuelles causées par l’Amisom et d’apporter des réponses.

Les unités de l’Amisom devraient compter proportionnellement davantage de matériel de déminage blindé – pour faire face tant aux engins explosifs improvisés (IED) qu’aux munitions non explosées – non seulement à Mogadiscio mais dans les autres secteurs, en raison de l’étendue nettement plus grande de la zone à sécuriser.

Financement renforcé

En matière de financement, l’ONU demande à de « nouveaux contributeurs » de faire des offres. Elle précise cependant que certains frais de la force seront pris en charge : les frais d’équipement personnels, les frais de lutte contre les engins explosifs, le soutien médical de niveau 2. Seul le matériel fourni par les pays fournisseurs de contingents et considéré comme leur appartenant sera remboursé, les équipements donnés ou prêtés aux Etats contributeurs, à l’AMISOM, à l’Union africaine ou qui reste la propriété du donateur, ne pourront pas être remboursés.

Lire également : L’UE continuera de soutenir les efforts de l’AMISOM. Mais pas toute seule

Pour télécharger la résolution « Somalie », voir Docs de B2

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).