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La nouvelle bataille d’Ulm. Les Allemands cherchent à fourguer leur FHQ (Maj)

(BRUXELLES2) Malgré les belles paroles sur la nécessaire solidarité, les Allemands – comme à peu près tous les autres pays – cherchent actuellement à communautariser leurs dépenses militaires qu’ils n’arrivent pas à justifier sur le plan interne. Ils avaient un temps penser à proposer leur quartier général d’Ulm comme un FHQ (quartier général de force) à l’Union européenne. Ils l’ont en fait proposé à l’OTAN dans le cadre des projets de Smart Défense. Une proposition qui embarrasse quelque peu au siège de l’Alliance. D’une part, elle intervient à un moment où l’organisation atlantique cherche plutôt à diminuer le nombre de quartiers généraux permanents. Sont ainsi sur la sellette le QG maritime italien, le commandement de Lisbonne, et en partie le commandement aérien d’Izmir (mais ce n’est pas fait)…

Et surtout, l’utilité d’un tel “machin” peut être discutée. Si l’intérêt d’un quartier-général d’opération permanent est incontestable, car il permet de planifier en continu et également de ne pas laisser perdre les compétences ; en revanche, un QG de force permanent apparaît plus hypothétique. Qu’y-a-t-il de commun entre un QG de force en Afghanistan (IFAS), au Liban (FINUL) ou une opération anti-piraterie (Eunavfor)… ? Pas grand chose. Quel est l’intérêt d’avoir un FHQ permanent ? Plutôt nul, selon des officiers bien au fait des opérations. Le FHQ s’adapte plutôt pour une opération et se configure conformément au terrain. A cela, s’ajoutent chez certains Alliés, la peur de dépendre du Bundestag pour l’engagement du FHQ en opérations, pour un oui ou pour un non. A quoi servirait alors un FHQ condamné à rester… à Ulm. 🙂

(maj) Un diplomate allemand a tenu à apporter un démenti que je publie car il apporte un contre-point utile au débat. « “Ulm” est conçu comme un “Multinational Joint HQ”, justement pour éviter une “bataille d’ownership” entre les deux organisations. “Ulm” pourrait être offert dans un cadre opérationnel OTAN ou UE. Mais “Ulm” n´appartiendra ni a l´OTAN ni à l’EU. » Ce lecteur conteste également tout sous-entendu économique. « Il serait certainement moins cher – et plus facile! – pour l´Allemagne d`entretenir “Ulm” à titre national. »

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).