Et le Danemark réintègrera l’UE et sa politique de défense (Maj)

(BRUXELLES2 à Copenhague) Le ministre danois des Affaires européennes, Nicolai Wammen, l’a confirmé lors de son mot d’introduction aux journalistes européens en visite à Copenhague. Le gouvernement danois a bien l’intention de lever deux de ses trois opt-out existants : en matière de défense, d’une part ; de justice et d’affaires intérieures, d’autre part.

Réintégration totale de la défense européenne, partielle de la politique de justice/intérieur

Concernant la défense, le ministre l’a confirmé à B2, il s’agira d’une « levée totale de l’opt-out ». En clair, le Danemark réintègre totalement la politique européenne de défense et de sécurité commune en matière d’opérations militaires – qu’il s’agisse du processus de décision ou de son financement – ou de renforcement des capacités – notamment la participation à l’Agence européenne de défense. Une « vraie réintégration » – qui supposera donc d’intégrer des officiers danois dans les différentes structures de défense de l’Union européenne. Un peu à la manière dont la France a réintégré les structures de commandement de l’OTAN. La levée de cet opt-out est celle qui suscite le moins de discussion au sein des partis politiques danois, mis à part les eurosceptiques du Dansk Folkeparti (le parti du peuple danois) qui est « opposée à une armée européenne » et « vouloir préserver le fait que le parlement danois donne l’autorisation à l’envoi de troupes à l’étranger ». « Une question de responsabilité » selon la députée Pia Adelsteen (*). Ainsi que l’a souligné, le 10 janvier, Jens Joel, député social-démocrate, membre du comité des Affaires européennes du Parlement européen, il y a comme une « incohérence aujourd’hui. Pourquoi les Norvégiens – qui ne sont pas membres de l’Union européenne – peuvent participer à une opération anti-piraterie de l’UE et pas les Danois. Il faut corriger cela ».

Concernant la politique de justice et d’affaires étrangères, la levée de l’opt-out sera plus légère ; il s’agit de remplacer l’opt-out (dérogation totale) par un opt-in : le Danemark manifestant à chaque décision son souhait, ou non, d’y participer et d’accepter ses implications (selon le même statut qu’a l’Irlande ou le Royaume-Uni aujourd’hui).

Seul opt-out que le Danemark ne compte pas quitter : celui sur l’Euro. Il n’en est pas question, a précisé le ministre des Affaires européennes. « C’est le referendum improbable » a renchéri son collègue des Affaires étrangères. Même le parti socialiste libéral qui milite en faveur de l’Euro, a reconnu que rejoindre l’Euro n’était pas possible actuellement, a expliqué Sofie Carsten Nielsen du parti social-libéral (membre de la coalition au pouvoir).

Quand ? à la fin de la présidence

Rien n’a encore décidé sur quand exactement cela se passera et sous quelle forme – un ou deux référendums… Ce qui est sûr c’est que c’est un engagement qui figure dans le programme de la coalition social-libérale/social-démocrate/socialiste. Et que cette réintégration ne se déroulera pas durant la présidence danoise de l’UE qui a commencé depuis le 1er janvier et dure jusqu’au 30 juin 2012. « Si la présidence se déroule bien, et que nous sommes dans une bonne disposition au niveau européen, la levée des opt-out pourrait se produire dans la foulée de la présidence » a précisé à B2 un officiel danois.

(Maj : mardi 10 janvier avec les remarques des parlementaires du comité des Affaires européennes du Parlement danois)

(*) On peut souligner que la participation à la PeSDC n’empêche jamais une autorisation du parlement national. Les pratiques néerlandaise et allemande le prouvent.