A l’attaque des bases logistiques des pirates (Maj)

(BRUXELLES2) Les ambassadeurs du Comité politique et de sécurité de l’Union européenne ont discuté, lors de leur dernière réunion avant noël, de la modification du plan d’opération (OpPlan) de Atalanta pour permettre une action plus offensive. Cette option – dite option IV – avait été préparée par le commandant de l’opération, le général Duncan Potts, pour doter l’opération européenne anti-piraterie de méthodes plus robustes.

Certaines avaient déjà été mises en place pour les navires sous commandement européen d’intervenir de manière offensive en cas de prises d’otages (avec l’accord de l’Etat du pavillon), au besoin en tirant contre les navires pirates. Cette méthode a été expérimentée pour la première fois lors de la libération de Me Colombo ainsi que l’a expliqué sur B2 le contre-amiral Canova.

Parmi ce renforcement des méthodes, il était aussi prévu de pouvoir détruire les bases pirates, logistiques ou autres. Il ne s’agit pas systématiquement « d’aller à terre » nous a expliqué un officier ; on peut « viser certains dépôts de la mer. Il faut voir qu’il s’agit souvent de quelques tentes avec des véhicules, des dépôts de carburants. »

Cette modification du plan d’opération aurait dû être approuvée lors du dernier conseil des ministres de la Défense. Mais un Etat s’y est opposé, apparemment davantage pour des questions de politique interne que de réelle opposition. Selon nos informations, il s’agit de l’Espagne qui était représentée à ce conseil par Carme Chacon, qui devait quitter son poste après la défaite aux élections du parti socialiste (PSOE). Et la passation de ces dossiers n’avait pu être assurée avec la nouvelle équipe du parti populaire. La ministre n’avait donc pu s’engager fermement pour son successeur que ce soit pour ce plan d’opération ou d’autres projets de l’Agence européenne de Défense.

(Maj, 30 déc.) Cette modification suscite aussi en Allemagne une discussion, très politique. Plusieurs partis d’opposition manifestant un bruyant désaccord à des mesures plus offensives, ainsi que le rapporte aujourd’hui le Faz, le Frankfurter Allgemeine Zeitung.

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).