Une conférence des ambassadeurs dans la discrétion ?

(BRUXELLES2) Les quelque 136 chefs de délégation de l’Union européenne devraient se retrouver les 30 novembre et 1er décembre à Bruxelles pour ce qui devient une habitude, une conférence des ambassadeurs, à l’image de ce qui se déroule dans plusieurs pays. Mais pourtant rien ne filtre de cette réunion, notamment pour savoir si elle sera en partie ouverte à la presse.
On se souvient que l’année dernière, Catherine Ashton avait choisi le profil bas. La réunion s’était déroulée dans l’habituelle salle de presse. Mais les journalistes avaient soigneusement été priés d’aller voir ailleurs. Aucune information n’était disponible. Et les rares journalistes (comme B2) qui avaient tenté un retour avaient soigneusement été exfiltrés… (je dois l’avouer, j’avais trouvé un asile discret derrière une fine porte vitrée, avant d’être délogé par une visite surprise d’un responsable du porte-parole qui m’avait fait les gros yeux). Une bêtise…
Cette réunion est cependant hautement symbolique de l’efficacité européenne dans les différents pays du globe. L’UE peut se targuer d’avoir un réseau diplomatique aussi étendu que bien peu de pays peuvent aujourd’hui entretenir à eux tout seuls, étant présents dans un certain nombre de pays délaissés par nombre de capitales. Et nombre de ces chefs de délégation ont une connaissance du terrain, des explications sur la situation qui peuvent intéresser le public, la presse et démontrent toute l’utilité de la présence européenne dans le monde.
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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).