Des forces spéciales britanniques en Somalie

Le 539 Assault Squadron (Crédit : ministère britannique de la Défense)

(BRUXELLES2) « Des commandos d’élite, des Royal Marines, ont débarqué en Somalie pour s’emparer d’un chef tribal », rapporte le Daily Mail, dans son édition du 29 octobre. La nouvelle peut paraître surprenante. Mais le quotidien populaire livre une version assez détaillée de cette opération qui s’est déroulée en juillet dernier, avant que les Tebbutt, un couple britannique qui était dans un complexe touristique au Kenya soit enlevé (le mari David a été tué lors de l’attaque et sa femme Judith est toujours otage des Somaliens).

A la faveur de la nuit, la petite unité de 24 hommes du 539 Assault Squadron quitte le navire de débarquement RFA Cardigan Bay, à bord de deux Viking, des petits véhicules amphibies blindés. Ils abordent la côte somalienne dans la zone disputée entre le Puntland et le Somaliland. Quelques échanges de coups de feux ont lieu. Les marines sont protégés par des mitrailleuses et des grenades fumigènes. Les Royal Marine peuvent alors entrer en contact avec ce chef respecté, rapporte le quotidien populaire.

Une réunion à bord du RFA Cardigan Bay

Les Marines n’étaient pas là tout à fait au hasard au Somaliland puisqu’ils participaient à un exercice Cougar de formation des forces de sécurité de cette ancienne colonie britannique qui est de plus en plus indépendante de la Somalie. Le ministère de la défense britannique a ainsi bien confirmé qu’une petite équipe de militaires « a visité le Somaliland en juillet à l’invitation du gouvernement du Somaliland pour le conseiller sur la façon de développer la capacité du Somaliland à gérer sa propre sécurité », face au terrorisme et à la piraterie. Les commandos des Royal Marines ont alors fourni « un passage sûr à une personne influente pour lui permettre d’assister à une réunion à bord du RFA Cardigan Bay avec le président Silanyo, un certain nombre de ministres du gouvernement du Somaliland et des fonctionnaires et militaires de la Marine du Somaliland pour discuter des questions de défense. » On ne sait pas dans quelle mesure

Un soutien actif au Somaliland

Ce soutien s’inscrit dans la stratégie du gouvernement britannique en Somalie, « qui prévoit une large gamme de soutien à travers le territoire de la Somalie » précise pudiquement le ministère et « comprend aussi le soutien au secteur de la sécurité non seulement en Somalie mais aussi à travers l’AMISOM (la mission de l’Union africaine en Somalie) et la mission EUTM de formation de l’UE pour assurer la stabilité à Mogadiscio ». A Londres, outre la piraterie et la menace des groupes islamiques radicaux qui s’en prennent aux étrangers, on est particulièrement inquiet de voir la Somalie remplacer le Pakistan et l’Afghanistan comme principal lieu d’entraînement des terroristes « made in UK » (nés au Royaume-Uni).

NB : on ne sait pas si ce responsable était totalement volontaire, s’il a apprécié les « discussions » à bord du RFA Cardigan Bay et comment il est reparti (s’il est reparti).

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).