Il n’y a qu’avec les Britanniques qu’on avance. L’Europe de la défense hiberne, selon Guillaud

(BRUXELLES2) « Je suis convaincu que l’Europe militaire ne se limite pas au Royaume-Uni, mais aujourd’hui les autres pays n’en veulent pas. Pour l’instant, nous n’arrivons à progresser qu’avec les Britanniques. » Voici comment l’amiral Guillaud, le chef d’Etat-major français des armées, a résumé en quelques phrases la situation de l’Europe de la défense lors de son audition à l’Assemblée nationale le 5 octobre.

En attendant le printemps européen

Le chef d’Etat-Major n’attend pas un “grand soir”… mais un printemps de l’Europe.  « Je considère donc que l’Europe de la défense est en quelque sorte en hibernation, ce qui signifie qu’un réveil se produira un jour ou l’autre. J’attends donc le printemps européen, d’autant que tous mes homologues, notamment allemand, sont convaincus de sa nécessité, tout comme une partie des industriels. »

La Commission européenne ignorante de l’Europe de la Défense

Répondant peu après au député Christian Ménard du Morbihan qui l’interrogeait sur les surcoûts de l’opération Atalanta, l’amiral a pointé du doigt … « la Commission européenne, comme l’ensemble de la technostructure bruxelloise, (qui) manifeste peu d’appétit pour tout ce qui est militaire. La question des coûts et des surcoûts, notamment ceux d’Atalante, comme d’ailleurs celle de son utilité, est donc bien difficile à faire comprendre là-bas – même si cette opération sert à protéger le commerce international, donc européen. »

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

2 réflexions sur “Il n’y a qu’avec les Britanniques qu’on avance. L’Europe de la défense hiberne, selon Guillaud

  • 16 octobre 2011 à 20:31
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    Il semble que l’amiral Guillaud ne soit pas entouré par de véritables experts de ces questions !

    S’agissant de la coopération franco-britannique, il aurait été préférable qu’il soit en phase avec les positions que vient d’exprimer le ministre de la Défense, Gérard Longuet :
    Devant les députés de la commission de la Défense, le ministre a rappelé que “les Britanniques sont déterminés à fixer avec nous les capacités et les objectifs du drone MALE de long terme. Mais nous aimerions leur faire comprendre que si nous arrivons à un accord de définition de produit, nous pourrions, dans le respect des directives européennes, ouvrir une négociation qui ne soit pas un appel d’offres mondial. Nous devons les convaincre que, dans notre conception du long terme, nous voulons avoir des fournisseurs européens en partant de ceux qui sont aujourd’hui les plus impliqués, ce qui nous garantirait avec sécurité la continuité de l’évolution du dispositif. Au contraire, un appel d’offres mondial pourrait nous conduire à sélectionner des fournisseurs performants sur l’instant et absents au rendez-vous en période d’évolution des fournitures ou de réparation. Il faut inciter les Britanniques à partager notre conception de la politique industrielle. Nous devrions y parvenir”.
    cf. http://www.marianne2.fr/blogsecretdefense/Drone-Gerard-Longuet-inquiet-quant-a-la-cooperation-avec-les-Britanniques_a402.html

    S’agissant de l’intérêt que porte la Commission européenne aux questions de défense et d’armement, comment a-t-il pu commettre l’erreur de ne pas relever dans le discours sur l’état de l’Union que le président Barroso a prononcé le 28 septembre devant le Parlement les avancées considérables qu’emportent les éléments de langage suivants : ” « […] Soyons également réalistes et reconnaissons que pour que l’Europe exerce toute son influence, si l’Europe veut vraiment être une puissance, il nous faut renforcer la Politique étrangère et de sécurité commune. Il faut qu’elle soit crédible. Il faut qu’elle s’appuie sur une dimension de sécurité et de défense commune si on veut vraiment compter dans le monde. Loin est le temps où certains pouvaient s’opposer à l’idée d’une défense européenne par crainte qu’elle puisse nuire à l’Alliance atlantique. Vous avez déjà remarqué, aujourd’hui ce sont les Américains, eux-mêmes, qui nous demandent de faire plus en tant qu’Européens. Le monde a changé, le monde est en train de changer fondamentalement. Est-ce que nous voulons vraiment compter dans le monde ?
    C’est pourquoi au moment où les budgets de défense sont sous pression, nous devons faire davantage ensemble avec les moyens dont nous disposons. La Commission prend en cela sa part de responsabilité en poursuivant ses efforts vers un marché unique de la défense et en mettant à profit les compétences qui lui sont conférées par le traité pour développer une base industrielle européenne de défense. […] Ne soyons pas naïfs, le monde est en train de se transformer et si l’Europe veut compter dans le monde et défendre les intérêts de ces citoyens, il nous faut la dimension politique et la dimension de défense si on veut compter et influencer l’avenir du monde. […] » ?

    L’heure est venue de remettre la France en capacités d’agir et de proposer en cessant d’accuser ses partenaires continentaux de ne pas vouloir agir ! Car c’est tout simplement inexact ! Et l’avenir proche va nous le confirmer !

    A suivre !

  • 18 octobre 2011 à 10:59
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    Amiral à la solde de Chirac, Pffffff !
    Illégitime complètement, une association ou Union n’a pas à posséder une armée, ceci sera impossible !

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