Et maintenant, quid des opérations en Libye ? (maj)

(BRUXELLES2) Les ambassadeurs à l’OTAN se pencheront demain (vendredi) sur l’avenir de l’opération « Unified Protector » au-dessus de la Libye. Sur la table : continue-t-on, ou non, l’opération ? Et comment la finir ?

Ne pas lever le pied trop tôt

La conquête de Syrte et la mort de Kadhafi ne signifient pas l’arrêt immédiat de la mission m’a affirmé un militaire d’un pays allié participant à la mission. « Il ne faut pas s’attendre à ce que l’on parte demain. Il faut attendre que les différents foyers (de violence) s’apaisent. » Chacun redoute en effet « quelques troubles » encore durant pendant quelque jours. La mission de l’OTAN ne sera donc pas formellement terminée, tant que l’ONU n’aura pas décidé en ce sens. Ce qui semble certain, c’est que les derniers évènements permettent une levée partielle du dispositif.

Fin de la mission OTAN le 31 octobre, force reste à la liberté

(Maj – ven 22h30) Le secrétaire général F.A. Rasmussen a confirmé vendredi à l’issue de la réunion avec les ambassadeurs que « la mission prendrait fin le 31 octobre ». « Cette décision sera formellement adoptée la semaine prochaine ». Cette sortie sera faite« de façon prudente et contrôlée. L’OTAN veut observer attentivement ce qui se passe et pouvoir réagir aussitôt en cas de problème. » Et d’ajouter : « Maintenant, c’est le moment pour le peuple libyen d’être fier et de construire le futur d’une nouvelle Libye libre, basée sur la démocratie, les droits de l’homme et les règles de droit. La liberté est la force la plus forte dans le monde. »

En attente d’une nouvelle résolution de l’ONU

Quant à l’avenir, tout dépendra du sens également de la nouvelle résolution au Conseil de sécurité de l’ONU. Il n’est pas question pour l’instant de forces de maintien de la paix. Et les missions à venir seront davantage « civiles » comme l’a confirmé Pieter de Crem, le ministre belge de la Défense.

L’UE prête à l’assistance du contrôle des frontières

L’Union européenne devrait répéter, dimanche, lors de son sommet, sa disposition à aider la Libye dans la situation post-conflit. Plus concrètement, l’UE pourrait apporter sa contribution sur un point concret : le « contrôle » des frontières et non la « gestion » des frontières. La différence n’est pas que terminologique : dans un premier cas, il s’agit d’aider les Libyens à contrôler leurs frontières (passages d’hommes, de clandestins, d’armes, de terrorisme…) ; dans le second, il s’agit d’améliorer le fonctionnement des douanes (comme l’UE le fait en Ukraine ou Moldavie).

EUFOR Libya fermée

Quant à la mission EUFOR Libya (d’assistance humanitaire), elle devrait fermer sans tambour ni trompette. Les militaires de l’UE viennent de recommander la fermeture du quartier général d’opérations (OHQ) mis en place à Rome, qui n’a servi à pas grand chose sinon à planifier une mission type « désert des tartares » et boire quelques expressos… Les ambassadeurs du COPS ont approuvé cette fermeture. Mais c’est au conseil des ministres de l’UE de formellement avaliser cette décision. Ce devrait être chose faite lors d’un prochain conseil (pas automatiquement les ministres des Affaires étrangères), en point A (sans discussion)

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).