Les trois pistes de la présidence polonaise pour mieux ‘supporter’ les battlegroups

(BRUXELLES2) Les groupements tactiques de l’UE connaissent aujourd’hui une petite panne d’enthousiasme. Les pays ne se bousculent pour assurer la permanence. Le planning des battlegroups comportera un trou au 1er semestre 2012. Et même si l’utilité d’un battlegroup ne tient pas automatiquement dans leur emploi mais dans la préparation, l’utilité de ces groupements, jamais employée, est parfois remise en doute. Plusieurs solutions ont donc été présentées dans un non-paper présenté par la présidence polonaise de l’UE à Wroclaw, dans la droite ligne et résumant les conclusions du séminaire organisé en juillet en Pologne qui avait déblayé plusieurs pistes.

Première piste : étendre les périodes de permanence de battlegroups de 6 à 9 mois ou un an. Une piste séduisante à première vue car assez simple. Mais certains pays ont des préoccupations. Car tenir en permanence un battlegroup pour six mois présente déjà un certain coût, le prolonger sur un an serait plus difficile surtout pour les Etats ayant déjà un certain nombre de troupes engagées outre-mer (Royaume-Uni notamment, France également).

Deuxième piste : adjoindre un module civil ou travailler sur le lien civil-militaire du battlegroup. C’était une des préoccupations de la présidence Suédoise, si on se rappelle bien. Elle n’avait pas à l’époque suscité d’enthousiasme forcené de la part des militaires qui craignent un affaiblissement de la notion de “force” du battlegroup. Elle répond cependant à l’objectif d’approche globale de l’UE.

Dernière piste : faciliter la prise en charge financière. Le principe serait de permettre une plus grande prise charge sur un budget commun des frais d’entraînement et de préparation battlegroup, surtout dans sa préparation. C’est en effet cette phase qui suscite le plus grand intérêt de certaines forces armées car il leur permet d’acquérir ensemble des réflexes d’intervention en commun et tester l’interopérabilité de façon pratique. Actuellement, plusieurs Etats membres ne peuvent participer à ces battlegroups pour raison financière ; le simple coût d’un déplacement dans un autre pays est trop important pour le budget national. Une réunion devrait ainsi se tenir au sein du mécanisme Athena. Cela promet d’être « saignant », explique un fidèle de ces réunions.

Les Français, Allemands et Polonais ont aussi présenté le concept de Weimar’s Battlegroup qui sera de permanence au premier semestre 2013. Ce dispositif pourrait reprendre ensuite la permanence dans les années ultérieures. Le fait de voir les mêmes pays travailler ensemble, à des années d’intervalle, facilite l’interopérabilité, explique un officiel de la Défense.

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).