Les moyens d’Atalanta : justes, tout justes

(BRUXELLES2 à Wroclaw) La dernière conférence de génération de forces pour l’opération Eunavfor Atalanta l’a montré, les moyens engagés par les Européens pour lutter contre la piraterie dans l’océan indien sont justes, tout justes au niveau minimal requis, comme l’ont confirmé plusieurs sources à B2. « Nous avons le minimal requis » m’a confirmé un officier d’Atalanta. « Mais tout juste » a précisé un autre.

6 navires seulement

De fait, pour la période actuelle, l’opération ne peut compter que sur 6 navires en moyenne et deux-trois avions de patrouille maritime, comme l’a confirmé Carme Chacon, la ministre espagnole de la Défense à Wroclaw. Un chiffre à comparer aux 8 à 12 bateaux sur lequel l’opération a pu compter dans les périodes précédentes. Pour Noël, période sensible de relève des navires, où chacun cherche (assez logiquement à rentrer dans ses périodes), le dispositif est dans une zone critique. « Toute la question est de savoir comment avoir plus de navires à Noêl » a confirmé avant la réunion des ministres de la Défense un haut responsable européen.

Peu d’Etats réellement contributeurs

Au final, « ce sont à peu près toujours les mêmes Etats qui fournissent les moyens » en mer commente un officier à B2. C’est-à-dire la France, l’Espagne, l’Allemagne et le Luxembourg – pour le noyau dur – la Grèce, l’Italie, la Belgique, les Pays Bas. L’Espagne par la voie de Carme Chacon a ainsi promis de rester engagé dans l’opération en fournissant au moins un navire et un avion de patrouille maritime. La ministre espagnole souhaitant dès maintenant engager les discussions pour prolonger l’opération au-delà de 2012. Mais le problème est maintenant d’obtenir d’autres engagements des pays qui ne participent pour l’instant pas à l’opération. « Nous avons besoin de mobiliser d’autres bateaux d’autres pays » a expliqué à Wroclaw, le ministre français Gérard Longuet. « C’est un réel défi » a confirmé à B2 Gerald Howarth, le vice-ministre britannique de la Défense chargée de la Stratégie de sécurité internationale. Cependant le Royaume-Uni n’a pas proposé de fournir un navire manquant. Même position coté polonais, où un proche du ministre de la Défense a confirmé que la Pologne n’avait pas proposé de forces. Cependant il y a quelques lueurs d’espoir. « Nous avons reçu plusieurs déclarations de pays prêts à engager des forces » a précisé un officiel polonais à B2. Outre l’Espagne, la Suède, par exemple seraient parmi ceux-là.

Les moyens sur zone

Aujourd’hui il y a 6 bateaux sur zone :

  • 2 Allemands : les frégates Köln (F-211) et Bayern (F-217) qui sert de FHQ – quartier général de force – ;
  • 2 Espagnols : le navire d’assaut amphibie Galicia (L-52), qui sert également de navire-hopital et la corvette Infanta Cristina (F-33) ;
  • 1 Néerlandais : le ravitailleur HNLMS Zuiderkruis (A832) ;
  • la frégate française Surcouf, qui n’est pas en permanence sous commandement européen ;
  • Une frégate grecque, le FS Hydra (F-452) sera également engagée à partir du 30 septembre.

Coté aérien, on dénombre 8 hélicoptères fournis par les navires présents sur zone ainsi que 3 avions de patrouille maritime – un P3C Orion espagnol et 2 Merlin luxembourgeois – et un quatrième avion de patrouille – un P3C Orion allemand – dès ce dimanche.

 

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).