Les 7 pirates suspects du Tribal Kat transférés à la justice française ?

l'image du skiff pirates pris par hélicoptère, on voit l'otage française aux cotés de ses ravisseurs (crédit : marine espagnole)

(BRUXELLES2) Les sept pirates arrêtés samedi soir par le navire amphibie Galicia au large des côtes somaliennes ont été transférés sur la frégate française Surcouf. Un transfert réalisé, précise-t-on, coté espagnol, après accord d’un magistrat. C’est la première étape vers une saisine de la justice française. Pour faire tout en ordre, le magistrat de permanence à l’Audiencia Nacional a émis un ordre autonome de désistement provisoire, qui a permis cette livraison de prisonniers aux autorités française. Trois des pirates ont été livrés après des soins pour « blessures mineures occasionnées lors de l’opération de libération des otages français. L’un d’eux avait une blessure à la cheville, un autre une blessure au doigt, et le troisième une plaie superficielle dans les fesses ».

Quant à l’otage libérée, elle avait déjà été transféré, dimanche, sur la frégate française.

Les preuves

Les Espagnols ont également remis aux autorités françaises les preuves de la recherche déjà communiquées au juge espagnol, et les témoignages recueillis lors des interrogatoires. Un des détenus a déclaré qu’au moment de l’intervention il pourrait y avoir un autre pirate à bord du bateau. Mais « aucune preuve » n’a été trouvée dans cette voie, précisent les Espagnols. Des preuves importantes pour la suite

Les suspects devront maintenant être entendus par les enquêteurs français. Le capitaine – qui a certains pouvoirs de police judiciaire – peut aussi le faire. Mais il pourra aussi être secondé par des enquêteurs de police ou des magistrats. Les suspects pourront alors être débarqués et transférés en France. Ils pourront sans doute plaider n’être pas de ceux qui ont attaqué le bateau et tué C. Colombo. Tout sera alors affaire de preuve. Le parquet de Paris a d’ores-et-déjà ouvert une enquête préliminaire. C’est la juridiction interégionale spécialisée (Jirs) dans la lutte contre la criminalité organisée qui en est chargée.

NB : On peut remarquer que la France est plutôt le cancre de la classe pour n’avoir pas encore jugé la quinzaine de suspects du Ponant, du Carré d’As et du Tanit qui sont toujours à disposition de la justice depuis 2008 et 2009.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

Une pensée sur “Les 7 pirates suspects du Tribal Kat transférés à la justice française ?

  • 13 septembre 2011 à 06:55
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    La France a des délais de jugements qui sont en moyenne le quintuple des délais moyens européens. On a autant de magistrats en 2010 qu’en 1914 !

    Un magistrat coute cher, un greffier un peu moins… mais c’est quand même trop pour notre Parlement cqfd !

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