La conférence de Paris : des responsables de l’UE aux abonnés absents

Le président du Conseil européen passe devant les gardes républicains mais boude la presse. Idem pour Cathy Ashton et José-Manuel Barroso (Crédit : Présidence de la République / L. Blevennec - P. Segrette)

(BRUXELLES2 au Palais de l’Elysée) A la conférence de Paris  » de soutien à la Libye nouvelle », ils n’étaient pas moins de trois responsables des institutions « européennes » à avoir fait le déplacement : Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, José-Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, et Cathy Ashton, la Haute représentante de l’UE. Les deux premiers étaient placés à la droite de François Fillon, entre le président du Sénégal, Abdoulaye Wade, qui avait une place d’honneur, et Caid Essebsi, le Premier ministre tunisien. Lady Ashton se retrouvait en bout de table à coté du vice-ministre des affaires étrangères chinois et de son compatriote William Hague, ministre britannique des affaires étrangères.

Un raté en communication

Mais cependant les journalistes, pourtant nombreux (ceux venus de Bruxelles et les autres), présents dans la cour de l’Elysée n’ont pas eu le privilège d’avoir un commentaire d’un des membres du trio. Nous avons pu voir Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l’OTAN. Pas nos européens de service… Ils n’ont en revanche pas oublié, chacun leur tour, de publier leur petit discours sur internet. Au cas où !

Il faut dire qu’en terme d’image et de contenu, le résultat est pour le moins désastreux. Personne n’a eu l’idée de demander à l’Union européenne de prêter main forte pour l’ONU dans sa mission civile ou d’évaluation. De même, chacun dégel des fonds a été annoncé sans même mentionner la décision européenne. Etc…

Deux petits mots d’Europe tout de même 

Les deux seuls mots « Europe » prononcés à la conférence de presse l’ont été par Nicolas Sarkozy se félicitant du « début d’une politique de la force au service des Nations-Unies. C’était le devoir de l’Europe de se préoccuper de la paix dans les zones qui lui sont proches. Un progrès par rapport à ce qui se passait, il y a quelques années, en Yougoslavie ». Il s’agissait en l’espèce pour le président français qui a joué le triomphe modeste de ne surtout pas citer tout le temps la France et le Royaume-Uni dont la volonté commune politique a permis cette action militaire. Et dans l’esprit de Sarkozy, l’Europe ce sont les dirigeants des Etats membres, ce n’est pas la structure européenne… Le second c’est le responsable du CNT Abdel Jalil qui dans une longue liste de remerciements allant de la Ligue Arabe à l’OTAN a cité l’Union européenne.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).